Le jeune, le politique et sa délinquance

Il suffit qu’une candidate socialiste parle d’autorité militaire pour que le sujet des « jeunes » soit le plus abordé. D’abord, le terme de « jeunes » évoque pudiquement « jeune de banlieue » et hypocritement « jeune maghrébin de banlieue ». Le manque de repères dont souffrent les jeunes est analysé depuis longtemps. Les mesures équilibrant prévention et repression sont proposées, elles aussi depuis longtemps. Mais il semble que le sujet ne soit abordé dans le débat public que le temps d’une campagne électorale. Entre deux, il n’y a désespérément aucun changement.


Lors des dernières élections présidentielles, le thème des jeunes (de banlieue, délinquants) était déjà central.

Dans le programme de François Bayrou figurait une proposition tranchée : il fallait séparer les quelques dizaines d’allumés, responsables des troubles, de la majorité paisible de leur camarades, pendant au moins six mois. Privés de l’aura dont ils bénéficiaient dans leur quartier, là où le nombre de passages en maison d’arrêt se compte comme des barrettes d’officier, les caïds étaient mis hors d’état de nuire et en état d’espérer une réinsertion. Pendant leur éloignement, l’UDF proposait d’encadrer leur activité par des Travaux d’intérêt général, les tiges.

Dans la réalité, depuis cinq ans, aucune mesure d’éloignement provisoire n’a été institutionnalisée. Quelques tiges ont été donnés par les juges, mais peu encadrés et peu suivis. Dans le nord du 17e, certaines associations sont agréées pour faire effectuer des tiges. J’en ai rencontré des jeunes en tige, encore plus déboussolés, par ce système censé apporter de l’ordre et en portant si peu, faute de moyens, d’encadrement…

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