Oui au développement durable

Au moment où l’actualité politique se met en veilleuse, voici un thème d’actualité permanente : le développement durable ou comment assurer aux générations futures, et même à la nôtre, qu’elles pourront continuer de se développer. Face à l’absence d’action depuis plusieurs décennies, malgré les certitudes que nous avons maintenant au sujet des déréglements climatiques et de la destruction des ressources naturelles, il y a deux écoles : celle qui attend la solution des dirigeants politiques et celle qui n’en attend rien, et en appelle au bon sens des habitants et des chefs d’entreprise.


On sait aujourd’hui que l’action de l’homme est responsable de la disparition des espèces, la moitié en moins entre la fin du XXe et la fin du XXIe, de l’augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre et des boulversements climatiques qui s’ensuivent, de la disparition de la moitié des forêts mondiales. On estime qu’à la moitié de ce siècle, les réserves de pétrole seront épuisées tandis que la population devrait plafonner à 10 milliards de personnes. L’eau potable est en danger.

Pendant longtemps, je ne me suis pas intéressée à ce sujet planétaire, jugeant qu’il dépassait de beaucoup les possibilités d’action qui m’étaient offertes et surtout ignorant une bonne partie des enjeux. En fait, c’est mon action locale qui m’a amenée à réfléchir et finalement à découvrir la situation dans laquelle nous sommes déjà, en travaillant avec des associations locales et urbaines qui mettent en place, par exemple, des réseaux de recyclage des emballages en objets de décoration. Je salue à cette occasion le travail de L’Interloque dans le 18e arrondissement.

Une fois que la prise de conscience est faite, on se demande comment infléchir le danger. Les Américains engagés dans cette cause, ne pouvant compter sur leur pouvoir politique, ont choisi parfois de silloner les entreprises les plus polluantes de la planète et de sensibiliser leurs collaborateurs. De mon côté, européenne convaincue, je continue de croire qu’une concertation politique volontaire ne peut être éludée et doit servir de préalable à tout espoir de voir un ralentissement des actions destructrices de l’activité humaine. Il faut donc maintenir la pression internationale sur les Etas-Unis pour qu’ils acceptent que le confort de vie des Américains soit non pas « négociable » mais viable sur la durée.

La marée noire provoquée par les bombardements au Liban, catastrophe humaine et écologique majeure ou le niveau de pêche destructeur en Méditerranée : face à ces deux actualités brûlantes, le monde politique se trouve désarmé. Comment dire aux pêcheurs de moins pêcher, comment empêcher les marées noires ? Comment sacrifier unilatéralement son économie et saborder sa compétitivité mondiale ? La Chine et l’Inde ne l’envisagent pas, les Etats-Unis, qui pourraient, refusent. Seule l’Union Européenne pourrait prendre la tête de cette entreprise.

5 comments to Oui au développement durable

  • Michoko

    Je suis de ceux qui croient que les politiques, comme les médias dominants, ne s’emparent d’un sujet que lorsqu’il y a une majorité suffisante dans l’opinion publique pour adhérer à la démarche. En ce sens, la démarche doit être enclenchée par les associations et les citoyens eux-mêmes. C’est déjà en partie le cas et le basculement est en train de se produire : les médias principaux et hommes politiques parlent du sujet et reconnaissent qu’il y a un problème majeur. Même G Bush a admis le réchauffement climatique.
    Le problème avec ce sujet du réchauffement, de la déforestation et de l’extinction des espèces, c’est que bien au delà de réduire nos émissions de CO2 de x% (x étant petit si possible – cf Kyoto), il remet radicalement en cause tout notre mode de développement :
    – politique énergétique basée sur les hydro-carbures (la pénurie de pétrole s’avèrera peut-être une chance mais il reste suffisamment de charbon pour finir de tuer notre planète à petit feu …)
    – politique industrielle
    – transports
    – consommation (une obligation, une finalité, un loisir, …)
    – rapports nord-sud et question du développement des pays du sud.
    – et plus généralement : notre mode de développement. Que veut dire "développement" ? Si on continue de nous faire croire que développement = croissance (du PIB) = finalité de nos sociétés (occidentales), alors on est pas sortis de l’auberge …
    L’action individuelle (réduire son emprunte écologique) est indispensable, pas par les gouttes d’eau qu’elle apporte, mais par l’exemplarité qu’elle génère et les interrogations qu’elle fait naître chez les autres. A chacun de prendre ses responsabilités, sans attendre, donc …

  • Christelle de Crémiers

    Pour répondre à la question des deux écoles, celle qui attend des politiques une solution et celle qui n’en attend rien, je suis bien sûr de la première, avec le bémol apporté par Michoko (merci) : à chacun donc de prendre ses responsabilités, de sensibiliser les politiques qui, suffrage exige, s’occupent trop souvent que des sujets d’opinion, pour que ceux-ci, au niveau gouvernemental, trouvent la volonté suffisante pour concerter une solution internationale. En tant que modeste élue locale, c’est le rôle que je souhaite jouer pour cet enjeu prioritaire : être un relais de plus pour mobiliser les actions individuelles.

  • Nicolas

    Votre propos sur le développement durable semble sincère. Que dire alors de votre tribune dans Paris 17 qui propage des contre-vérités notoires sur la circulation urbaine. Je comprends que vous vous opposez vertement et de manière péremptoire à toute tentative pour limiter l’asphyxie du 17ème par la circulation automobile. Habitant Place Koënig, je revis depuis que la piste cyclable existe…d’ailleurs j’y compte environ 1 cycliste par minute à Gouvion Saint-Cyr et non 8 par heure comme vous. Je n’ai absolument pas constaté non plus la perte de 250 emplois boulevard bessières, qui aurait au moins dû donner lieu à un mouvement social vu son empleur. J’ai par contre vu beaucoup plus de piéton sur les trottoirs et dans les magasins…

    Et je m’interroge: comment peut-on parler de dérèglement climatique, en constater les impacts sur la planète, et faire tout au quotidien pour accélérer ce dérèglement climatique, en encourageant l’asphysie urbaine par la voiture, en particulier dans le 17ème ? Eclairez-moi !

  • Christelle de Crémiers

    Oui, je me pose la même question, comment le maire de Paris et son adjoint à la circulation ont-ils pu, non pas encourager, mais générer, créer, orchestrer l’asphyxie de toute la capitale alors que visiblement ils sont concernés par la pollution ? Vous le savez certainement, la production de gaz à effet de serre est très élevée au démarrage et à des vitesses basses. Le minimum d’émission est atteint à 50 km/h et augmente avec la vitesse au-delà. Donc lutter contre la pollution c’est déjà lutter contre les encombrements.

    Une étude réalisée à la demande d’un groupe de travail désigné par le conseil scientifique de la Ville de Paris conteste les choix faits depuis 2001 par M. Bertrand Delanoë en matière de transports, ainsi que son ambition affichée de réduire la circulation automobile en misant sur le vélo, les autobus et les taxis. Le rapport révèle que ces « modes de circulation en surface » n’assurent que « 7,8 % des déplacements et 8,3 % des distances parcourues ». Ce qui « conditionne l’équilibre entre voiture et transports publics », c’est le développement du métro et du RER, car c’est le réseau ferré qui fait fonctionner Paris.

    Or avec les « espaces civilisés » la mairie de Paris fabrique des bouchons exprès. Le postulat de cette décision est de croire que la voiture est un choix, et que s’il est rendu INVIVABLE (objectif atteint), les automobilistes citoyens se rabattront vers d’autres modes de transport. « La seule manière de limiter la circulation automobile c’est de la contraindre. » affirmait cet été Denis Baupin. Malheureusement, le postulat est faux. L’essentiel des personnes qui vont travailler ou qui travaillent avec leur voiture n’ont pas le choix, en l’absence de développement de métro et de RER, comme c’est le cas aujourd’hui. On constate aujourd’hui que la voiture n’a reculé qu’à la marge, que les encombrements et la pollution sont le résultat de cette politique autoritaire.

    Ce qui me m’inquiète, c’est que l’esprit « civique » d’une large majorité de Parisiens est mis à mal par cette politique dure. l’idée de préserver la qualité de l’air, d’apporter sa petite pierre à l’édifice du développement durabe, est une idée partagée heureusement par beaucoup d’entre nous. Or il commence à monter, chez les parisiens et chez les Franciliens, un tel sentiment de ras-le-bol envers le blocage permanent de la capitale, qu’ils risquent d’assimiler lutte contre la pollution et impossibilité de circuler et de tout rejeter en bloc.

    Je pense qu’il aurait fallu faire exactement l’inverse pour lutter contre la pollution à Paris : tout d’abord, développer le réseau ferré de transport de voyageurs (le doublement de la ligne 13 !), ensuite fluidifier encore et encore le trafic automobile grâce aux feux rouges, à l’aménagement des carrefours, ensuite décourager la circulation de transit en la canalisant sur des rocades à la taille d’une agglomération de 12 millions de personnes, enfin en taxant les véhicules polluants (les 4×4 !). La seule raison de la baisse constante de la pollution en centre ville depuis 25 ans, c’est la recherche et développement de l’industrie automobile qui permet de créer des moteurs de moins en moins polluants. Les connaissances techniques permettant de ne plus utiliser l’energie pétrolière non renouvelable sont déjà maîtrisées. Il s’agit maintenant d’une question de volonté politique, selon moi au minimum à l’échelle de l’Europe, pour promouvoir des véhicules propres qui n’utilisent plus des carburants d’origine fossile, car aujourd’hui, cette énergie qui a mis des millions d’années à se former et que l’on va dilapider en moins de cent ans, est malheureusement aussi la moins chère.

  • Francis

    Nous avons des solutions concrètes en France pour vaincre la pollution urbaine mais il semblerait que la politique se passione plus pour les belles paroles que pour les actes… Une société française PHOTOCAL a développé un produit agissant par photocatalyse et susceptible de dépolluer l’air ambiant et de rendre les façades de bâtiments autonettoyantes… Ce développement tombe à pic pour une ville comme Paris…http://www.oliceo.fr/environneme...

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