Régularisera qui régularisera bien le dernier

Elle devait servir de caution à la politique de fermeté du Gouvernement en matière d’immigration. La circulaire Sarkozy, qui incite à déposer un dossier avant le 13 août prochain, propose d’aider au retour ceux qui le souhaitent et de régulariser ceux qui ne le souhaitent pas ET qui remplissent une certaine liste de critères plus ou moins flous sur le degré d’intégration.


Le nombre de familles régularisées dépassera certainement de beaucoup les estimations du Ministre de l’Intérieur qui n’en prévoyait que 700 ou 800 il y a deux mois. Malgré les nombreuses difficultés que représente le montage du dossier par des familles vivant en clandestinité, malgré la disparité étonnante d’une préfecture à l’autre dans l’enregistrement des dossiers, malgré l’époque choisie (juillet – août !) qui voit nécessairement le nombre d’agents en activité diminuer et le nombre de stagiaires augmenter, malgré le manque d’informations précises concernant la procédure et les très nombreuses questions laissées en suspens, malgré tout cela, des dossiers sont déposés régulièrement dans tout le pays.

Un réseau informel, qui a commencé à se structurer en 2004, formé de parents, d’enseignants, de voisins de familles sans-papiers joue un rôle important dans la mobilisation. Le réseau Education Sans Frontières (RESF) accompagne et conseille les familles dans la constitution du dossier de manière spontanée et bénévole. Pour mon arrondissement, le 17e, il s’agit d’une centaine de familles accompagnées et enregistrées en Préfecture.

Il n’est pas possible d’arrêter le flux migratoire. Parler d’immigration « choisie » est un effet d’annonce qui, je l’espère, ne convainc que celui qui l’énonce. La meilleure manière d’inciter les personnes sans-papiers à retourner au pays ne serait-elle pas plutôt de les régulariser ? C’est peut-être bien là le sens inavoué de la circulaire Sarkozy…

Soyons clairs : il y aura dix fois plus de dossiers déposés et montés conformément aux critères que prévu. Seront-ils régularisés ? L’examen au cas par cas laisse toute marge de manoeuvre à l’Etat et peu d’espoir aux familles. Ne l’oublions pas, il s’agit d’une circulaire, non d’un décret ou d’une loi, il n’y aura donc aucun recours possible. La mobilisation des élus de tout bord doit permettre de rendre inacceptable l’éventualité de ne régulariser que 10 % des dossiers déposés.

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>