L’Europe doit être au coeur de la campagne présidentielle

La construction d’une Europe politique est dangeureusement peu débattue par les Français. Même pendant les élections européennes, ce sont les sujets nationaux qui accaparent l’attention. Lors d’un referendum, certes, le débat est lancé, comme en 1992 et en 2005. Mais avec un arrière-goût d’ultimatum : si le non l’emporte, c’est la catastrophe. Maintenant que c’est le cas, peut-être qu’un vrai débat aura lieu enfin sur l’avenir de la France à travers l’Europe. C’est bien dans l’intention de François Bayrou d’obliger tous les candidats à se positionner clairement pendant la campagne. Il proposera un texte de constitution européenne concis dans son programme présidentiel.


Les candidats du PS et de l’UMP dévoilent leur programme européen en Belgique, respectivement la semaine prochaine et vendredi dernier. Pour le candidat de droite, il est nécessaire et urgent de faire ratifier par le Parlement un mini-traité mettant fin à l’unanimité sur les questions diplomatiques et budgétaires notamment. Son discours a été entendu et approuvé par le président Barroso, ainsi que par la fondation « Les amis de l’Europe », le gardien du temple des europhiles présidée par Jacques Delors.

Seul bémol à ces annonces qui ne peuvent que réjouir une Européenne militantante : tandis que ces discours sont faits à Bruxelles, les décisions prises réellement en France ne semblent pas tenir compte de cette volonté politique, pourtant si affirmée vendredi dernier par le Ministre de l’Intérieur.

  • Crise du Liban : les décisions diplomatiques sont d’abord prises au niveau national, annoncées aux media, et ce n’est qu’après que l’on songe à la réunion européenne. Les européens envoient les troupes et l’argent, mais ce sont les américains qui trop souvent décident ! – dénonçait François Bayrou jeudi dernier à l’Assemblée.
  • Immigration choisie : au-delà de la proposition en elle-même qui est démagogique, à aucun moment il n’est fait allusion à la communauté d’espace que nous partageons avec nos voisins. Allons-nous choisir leurs immigrés aussi ?
  • Enfin, le patriotisme économique : sauver Suez de l’italien ENEL, n’est-ce pas un réflexe bizarre après un demi siècle de communauté économique ? C’est un patriotisme économique européen que devrait défendre le gouvernement. Et le gouvernement français en premier, pour donner l’impulsion initiale, celle que seule la France peut donner pour relancer la construction européenne tombée dans une crise profonde.

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