Premier débat des primaires socialistes

Malgré un carcan un peu rigide, le débat, ou plutôt l’audition, des trois candidats à l’investiture a résisté à l’épreuve de la longueur. Il a permis aux socialistes de montrer qu’ils partageaient bien un socle commun de convictions, tout en montrant leurs différences. Dans l’ensemble, beaucoup de tenue dans une démarche démocratique intéressante pour les militants socialistes comme pour tous les Français.


Un regret pourtant : sur le fond, les idées étaient construites, la démarche professionnelle, mais combien conformiste ! je n’ai noté aucune idée nouvelle, qui sorte du sillon lourdement labouré du débat politique français des trente dernières années. Il était question de la hausse du SMIC et du combat des inégalités par l’impôt. Ce débat aurait pu avoir lieu en 1980. Pas un mot qui remette en question la formation des élites économiques françaises, ni sur les nouvelles règles du jeu sur le mouvement des hommes et des capitaux. Pas un mot non plus sur la création d’entreprise comme une véritable redistribution de la deuxième chance et d’aménagement du territoire. Sur le fond, ce débat intra socialiste a eu des relents de rengaine.

Par ailleurs, alors que Ségolène Royal peut se considérer comme la candidate « naturelle » du parti socialiste, elle n’en sacrifie pas moins à l’exercice de l’audition et de la campagne. A quand cet exercice parmi les candidats de l’UMP ?? Il intéresserait aussi tous les Français.

10 comments to Premier débat des primaires socialistes

  • GM

    Ahah !
    Voilà une idée intéressante ! Mais pour cela il faudrait qu’il y ait d’autres candidats. Or les rares qui prétendent faire la course jusqu’au bout et qui sont originaires de l’UMP veulent la faire hors du parti !
    Par exemple, Nicolas Dupont-Aignan a plein d’idées, il est intègre et dynamique. Mais il ne veut pas se soumettre au vote des militants. Pourquoi ? Parce qu’il n’a aucune chance de l’emporter alors qu’il considère que ses idées doivent être portées face aux français. Alors, je ne juge pas de ces idées, sauf à noter que je suis hostile à son approche sur l’Europe. Mais pourquoi cet homme manifestement gaulliste ne peut défendre ses idées à l’intérieur de l’UMP.

    Parce que le parti est vérouillé ! Parce qu’il est tenu par les anciens RPR qui n’ont jamais eu la moindre culture démocratique. Mais en cela ils suivaient fidèlement leur maître. Alors Nicolas Sarkozy veut changer les choses: qu’il change les hommes et les méthodes !
    Faire de la politique autrement ??? Très bien, alors pourquoi Jérôme Rivière qui fait de la politique autrement n’a pas l’investiture ? Pourquoi Dominique Baud qui est une femme, élue de terrain qui bosse dans le XVe, n’a pas l’investiture ?

    Faudra-t-il subir JL Debré, la honte de la droite, jusqu’à notre prochaine défaite ? Il faut en finir avec cette mentalité d’apparatchicks ! Alors certes, cette génération d’hommes de droite a lutté vaillament contre les communistes toute sa vie. Mais ils en ont gardé les méthodes ! La commission d’investiture de l’UMP est un scandale et le vote bloqué proposé aux militants une parodie de démocratie. Pourquoi les circonscriptions n’élisent-elles pas leurs candidats aux législatives ?
    Il y a une excellente raison: ils ne savent pas voter sans tricher !!!
    Alors, la 13e circonscription (sud du XVe) est grotesque dans ses démêlés mais au moins on voit les tricheries parce que les apparatchiks s’entretuent entre eux. Ailleurs, on liquide en silence et entre soi.

    Il faut faire une révolution démocratique à droite: plus de professionnels de la politique, plus d’élus de 70 ans et plus, élections à bulletins secrets systématiques et pour tous les postes, surveillance des élections électroniques par des organismes indépendants, fin des quotas qui sont une pratique anti-démocratique au possible. Enfin, libérons les sujets de parole, récupérons à Le Pen les thèmes qu’il nous a volé: la nation, le devoir, le travail, l’identité, la fierté d’être français. Alors, nous pourrons être à droite.

    Ce soir à 20h30 au Café K, 156 rue du Fbrg St Martin 75010, l’excellente Claude-Hélène Martin organise un café politique avec Eric Brunet sur la question: "A-t-on le droit d’être de droite ?".

  • Christelle de Crémiers

    Vous venez de décrire précisément une des raisons pour lesquelles je suis à l’UDF !

  • Barnaby

    Réponse :
    Appartenant à l’UMP depuis la création de ce parti de rassemblement, je m’y trouve bien. Si je comprends bien ce monsieur, certains transfuges de l’UDF, se plaignent de la trop grande présence d’anciens RPR aux postes de responsabilité; il souhaiterait une "discrimination positive" pour les non RPR sortis du moule, je le dis franchement, je n’aime pas le principe de la "mise en valeur" des minorités visibles. J’ajoute que je soutiens pourtant totalement N Sarkozy.
    Dans tous les partis politiques il est nécessaire de se battre pour exister et prouver que l’on est plus apte que le voisin, en outre, il est humain trouver des raisons, mais il souhaitable de trouver les bonnes raisons.

    N Sarkozy est favorable aux débats entre candidats à l’investiture au sein de l’UMP, si Dupont-Aignan et d’autres ne souhaitent pas débattre c’est leur responsabilité. Un minoritaire ne doit pas refuser de mener une bataille pour défendre ses idées, sinon il le restera.La démocratie implique le débat.
    Concernant Jérome Rivière qui fait bien son boulot de politique, il paie sans doute les effets d’une personnalité plutôt que d’un système qui est démocratique dans son ensemble et qui peut toujours être amélioré. Pourquoi Dominique Baud qui est une femme, élue de terrain dans le XVe, n’a pas l’investiture ? Sachez que beaucoup d’hommes bossent aussi et qu’ils devront s’effacer devant une femme pour cause de parité, cela est vrai dans tous les partis, il y a toujours des injustices hélas. Mais ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain pour autant.
    l’UMP Paris n’a pas terminé sa transformation de l’après Chirac, le centralisme démocratique n’existait pas seulement qu’au PC ! Chirac a vendu l’Humanité ne l’oublions pas!

    Chère Christelle, ne me faites pas croire qu’à l’UDF la démocratie est respectée à tous les niveaux
    car j’ai appartenu à l’UDF…

  • Christelle de Crémiers

    Ce qui m’avait frappé au moment où l’UMP était encore une « Union pour une Majorité Présidentielle » c’est que la valeur AUTORITE figurait dans le slogan. Certes, c’est d’autorité que Jacques Chirac avait voulu en mai 2002 en finir avec l’UDF. Certes, c’est d’autorité que NicolasSarkozy nous parle à chaque discours concernant ces personnes, désormais stigmatisées sous le vocable de « banlieues », et c’est aussi l’autorité qui, portée comme principale vertu, justifie l’attirance d’une partie des électeurs de l’UMP. A l’opposé de l’autorité, c’est la démocratie qui est le principal slogan de l’UDF. Non la démogagie qui consiste à flatter les bas sentiments ou à suivre l’opinion publique sans discussion, mais la démocratie comme exercice du pouvoir de personnes libres et responsables. Contrairement à l’UMP, les nominations n’existent pas au sein de l’UDF malgré la commodité que cela représente. Le 16 décembre prochain, le candidat de l’UDF sera élu au suffrage universel des militants.

  • GM

    Barnaby> Je ne valorisais pas l’UDF par rapport à l’UMP. J’en reparlerais à l’occasion. L’UMP est le premier parti auquel j’adhère effectivement et j’étais aussi à son congrés fondateur. J’en partage l’essentiel des orientations mais JAMAIS je n’ai soutenu l’idée d’une discrimination positive. C’est à l’opposé de mes idées. Même si ma candidate est une femme, je continue à rejetter l’idée de quotas. Les femmes doivent s’imposer pour leurs qualités propres ce qui passe par le débat démocratique.
    Ce que je condamne, et vous l’avez aussi senti, c’est le centralisme démocratique. Le vote bloqué des militants. Tels ces jeunes populaires qui sont de coeur avec madame Baud mais attendent les ordres pour savoir ce qu’ils doivent faire. Cette mentalité est vraiment dommageable à la démocratie.
    Quand au fait que Chirac ait vendu l’Humanité et ne soit jamais vraiment devenu un homme de droite, il suffit de relire le discours du Quai Branly pour constater à quel point il est inscrit dans la haine de la France et de l’Occident.
    Christelle> L’exclusion de M. Baguet du groupe UDF ne donne pas vraiment une image démocratique de votre mouvement.

  • Eric UDF paris 5

    Pour en revenir au débat des prétendants socialistes,

    Ce qui m’a le plus marqué, c’est qu’aucun d’entre eux n’a expliqué comment il (ou elle) comptait financer ses réformes.

    Et puis que vous semblez être partis sur les différences en tre UMP et UDF, je citerai Raymond Aron : "Que l’on soit de gauche ou de droite, on est hémiplégique". A l’UDF, nous ne sommes pas hémiplégiques. Les deux parties du cerveaux fonctionnent, la gauche comme la droite, sans tomber dans l’extremisme.

  • Pascal MAS

    Chère Christelle,
    En dehors de François BAYROU, y-a-t-il d’autres candidats à la Présidentielle au nom de l’UDF ?
    Je suis fort déçu de voir que l’UDF actuelle ne semble exister qu’en critiquant l’UMP. Vous qui êtes élue du 17ème arrondissement de Paris, que pensez-vous de Clémentine AUTAIN ? Et d’Annick LEPETIT ? Ne sont-ce pas des adversaires plus menaçantes que Françoise de PANAFIEU avec laquelle vous pouvez trouver facilement de points de convergence ?
    Au plaisir de vous revoir

    Pascal

  • Lancelot

    Et à quand un débat entre les prétendants à l’UDF (surtout Bayrou et de Robien, je n’en vois pas d’autres). Y seriez-vous aussi prêt que chez nous, socialistes ?

    Bien amicalement,
    Luc
    777socrate.blogspot.com/

  • Christelle de Crémiers

    Le blog de Lancelot est pas mal du tout : à voir !

    Vous demandez si l’UDF serait prêt à un débat comme chez les socialistes ? Non, je pense qu’on ne sait pas siffler aussi fort…;)) Il n’y a qu’un seul prétendant à l’investiture UDF à ce jour. Concernant Gilles de Robien, il déclare soutenir la candidature de Fançois Bayrou. Les divergences proviennent du rapport à l’UMP, Robien souhaitant arrimer l’UDF au paquebot UMP.

    Le positionnment de l’UDF vis-à-vis de l’UMP, en réponse à Pascal, est le fruit d’un effort constant des dix dernières années. Après les présidentielles de 1995, l’UDF était devenue une filiale supplétive du RPR. L’électorat était inexistant, le nombre de parlementaires, en trompe-l’oeil, seuls les militants y croyaient un peu. Forcément, lorsque François Bayrou a décidé de créer l’UDF fédérale en 1999 (c’était une confédération de partis) et de commencer la reconquête de l’électorat, il a dû accepter que la réalité apparaisse telle quelle : après 20 ans d’alliances avec le RPR à toutes les élections, il ne restait plus grand chose. Le point zéro a été atteint en 2002, lorsque Chirac a cru définitivement éradiquer l’UDF avec l’invention de l’UMP. Depuis on ne fait que progresser. Sans l’UMP et sans le PS.

  • Lancelot

    Merci Christelle pour le compliment, ça me touche beaucoup.

    Bien que je sois militant au PS, j’aimerais que nous puissions nous entretenir de "politique politicienne" sur Paris. Si ça vous intéresse, vous avez mon mail sur mon CV …

    Amitiés,
    LM

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