Etre jeune et croire en l’avenir

Sondage après sondage, les jeunes de moins de 35 ans pensent, dans leur majorité, qu’ils vivront moins bien que leurs parents. Ils sont confrontés à plus de précarité dans leur emploi et moins de repères de valeurs et ils sont trop peu nombreux pour payer les retraites et les dettes laissées par leurs aînés. Les jeunes Français n’ont plus foi dans un avenir qui devrait leur appartenir et préfèrent la sécurité à la créativité et à la prise de risque.


L’entrée des jeunes dans le monde du travail relève du parcours du combattant. Avec ou sans diplôme, ils sont jaugés à l’enseigne de la précarité pendant des années. En même temps, ils sont de moins en moins nombreux à passer le bac. La reproduction sociale des diplômes s’est renforcée depuis une trentaine d’années : seulement 37 % d’une génération accède à l’enseignement supérieur, classant la France 30e des 40 pays de l’OCDE. Le pacte démocratique de l’égalité des chances par l’instruction de tous n’est plus tenu. Cette défaillance est alourdie par l’ouverture du monde dans lequel nous vivons. Aujourd’hui, la mondialisation impose non pas de sélectionner les meilleurs sur des critères reproductibles, comme notre système de formation continue de faire, mais de permettre à ceux qui s’adaptent le mieux à des situations changeantes et imprévues d’en prendre les commandes.

Si la vie fait qu’un jeune manque le coche du bac, ne pourrait-il pas rattraper le monde du travail en se lançant dans la création de son affaire ? Là aussi, c’est fermé. De nouvelles entreprises se créent tous les jours au même rythme que chez nos voisins, mais chez nous elles meurent plus vite, classant la France 31e en longévité des entreprises.

Comme le dénonce le collectif « Nous ne paierons pas vos dettes » un jeune de vingt ans qui a la chance de commencer à travailler et qui entame ses quarante années de cotisations, commence sa vie professionnelle avec une dette de 63 400 euros.
Enfin, la politique médiatisée du patron de la police a pour principal effet de mettre dans le même sac des jeunes dèjà en souffrance, plongés dans des difficultés familiales et économiques, avec la poignée de jeunes de leur cité qui ont basculé dans la délinquance.

La démotivation de trop de jeunes est liée à la méfiance qu’ils portent à l’égard de la capacité de leurs dirigeants de conduire les réformes dont tout le monde parle et que personne ne réalise. Une chose est sûre : l’abstention est le premier ennemi. Je m’implique sur le terrain pour inciter les jeunes en âge de voter en 2007 à s’inscrire sur les listes électorales et à voter.

1 comment to Etre jeune et croire en l’avenir

  • Michoko

    Et oui, ceux qui sont nés à partir de 75 sont les baby-loosers !
    Non seulement ils ont grandi avec le Sida, mais leurs 68ards de parents ont mal tourné : ils ont confisqué l’ensemble des pouvoirs et n’ont pas l’intention de les leur céder.
    Pouvoirs politique, économique, médiatique : toujours les mêmes qui s’accrochent depuis des lustres et cette conivence entre eux qui est insupportable (la déférence avec laquelle les hommes politiques sont interviewés dans les médias, Elkabach qui demande l’avis de Sarkozy avant d’embaucher un journaliste politique, Paris Match qui fait modifier son contenu éditorial pour ne pas déplaire à Sarko, etc.).
    Face à ces élites bien installées, les jeunes ont droit à la galère et aux contrats précaires, et sont donc réduits au rôle de variable d’ajustement destinée à maximiser les profits de leurs parents.
    Autre facteur : la destruction progressive mais systmétique des services publics rend le système de plus en plus inégalitaire et les droits (au travail, au logement, à l’éducation …) de plus en plus illusoires (car un service public, c’est rien d’autre que la garantie d’application d’un droit). D’ou la fameuse expression de l’ascenseur social en panne.
    Conséquence de ce conservatisme ambiant : même les jeunes des classes favorisées ont du mal, et doivent donc avoir recours à la transmission de père en fils. Par exemple les familles Largardère, Bouygues, Dassault (tiens tous les patrons de presse !) , Arnaud, etc. On se rapproche d’un système aristocratique !

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