L’exécution de Saddam Hussein comme symbole

Saddam Hussein a été pendu cette nuit devant les caméras de télévision. Cet acte, unanimement condamné par les organisations des Droits de l’Homme, par le Conseil Européen et par l’Union Européenne, peut devenir le symbole des relations internationales actuelles.


Comme l’ensemble de ses partenaires européens, la France a plaidé pour l’abolition universelle de la peine de mort. Cette pratique barbare fait pourtant partie encore de la culture de la première puissance mondiale. ll s’agit là certainement d’une des césures les plus importantes entre l’Europe et les Etats-Unis. Dans la communication qu’il soigne avec une opinion publique de plus en plus mécontente, G. W. Bush, n’a pas eu besoin, comme son allié Tony Blair, de commenter la peine de mort. L’exécution fait partie du langage judiciare des Américains, c’est un acte qui a un sens outre-Atlantique.

A l’évidence, l’exécution a été précipitée : le monde arabe a dénoncé le choix de la date, peu respectueuse des fêtes musulmanes, les Kurdes déplorent de laisser à jamais le procès des exactions de Saddam en suspens, certains dénoncent un procès réglé d’avance pour ne pas avoir à aborder la question clé de la collaboration des Etats-Unis ou de l’Europe avec la dictature irakienne. Les pressions de Washington pour en finir au plus vite sont largement commentées.

La violence et la guerre civile entre Sunnites, Kurdes et Chiites reste aussi intense, voire aggravée comme le montrent les 50 victimes de ce jour. La manipulation de l’opinion publique américaine au profit des intérêts de la Maison Blanche, selon leurs codes et leur culture, continue, au détriment du peuple irakien.

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