Les municipales et le MoDem (suite)

Après vous avoir questionné, à mon tour de répondre à ces trois questions : comment s’allier sans décevoir ? Comment choisir ses alliés ? et quand faut-il le dire ?


Les élus locaux forment le squelette d’un parti politique. Voyez à quoi ressemble le Front National, une agence de com’ quinquennale. Or pour avoir des élus locaux, il faut gagner : la proportionelle aux municipales est très restreinte, seule la liste arrivée numéro un engrange des élus significativement. Il faut donc gagner, seul ou accompagné. Voilà pour la situation, dans le cas du plus jeune parti de France, il s’agit plutôt d’être « accompagné ».

Comme l’adhésion de dizaines de milliers de concitoyens, militant pour la grande majorité pour la première fois, a été déclenchée par l’affirmation de l’indépendance du MoDem, leur expliquer que, pour la première élection significative, l’alliance va être la règle, ça peut poser problème. De fait, on retrouve cette interrogation dans les comentaires précédents. Il me semble que l’on peut apporter deux éclaircissements : l’indépendance c’est la liberté de choisir, choisir de faire alliance ou non, choisir avec qui en fonction de critères propres. Ensuite, l’indépendance ne veut pas dire solitude et fermeture. C’est bien le Modem le premier à refuser de gouverner seul.

Une ligne de comportement que je soutiendrai sera celle de s’allier au challenger, celle de combattre l’équipe qui, en place depuis plusieurs mandats, se pétrifie dans l’habitude du pouvoir, quelle que soit sa couleur politique. Ensuite, le rapprochement doit bien sûr se faire au cas par cas, sinon, on ne peut plus parler de liberté de choix.

Enfin, quand faut-il le dire aux électeurs ? Idéalement, il faudrait pouvoir le dire entre les deux tours pour garder toute notre liberté de choix, celle éventuellement de ne pas faire alliance. C’est en pratique, impossible. Surtout dans les grandes villes où les media vont harceler les candidats nuit et jour. Il faut donc maîtriser les fuites et beaucoup communiquer sur le fait que le rapprochement le plusprobable serait un tel, mais que la décision finale ne se prendra qu’entre les deux tours.

Ce n’est ni facile ni commode d’inventer une troisième voie. Tous ces efforts seraient vains si ils ne permettaient pas d’accoucher d’un projet réellement nouveau. Pour Paris où je serai candidate, je proposerai le projet social et le partagerai ici avec vous.

13 comments to Les municipales et le MoDem (suite)

  • Leroy-Morin

    "Combattre l’équipe qui, en place depuis plusieurs mandats, se pétrifie dans l’habitude du pouvoir…" Là, je suis totalement d’accord. Hormis une parenthèse de 1977 à 1983, une dynastie familiale règne sans partage sur ma commune (28 000 habitants) depuis 50 ans, 50 ANS !!! A ce stade, on a dépassé le stade de la pétrification… leurs valeurs ne sont pas les nôtres, leurs pratiques sont autoritaires…une seule consultation des habitants en 25 ans : "Soutenez-vous la création d’une police municipale ?"… Les habitants ont majoritairement voté contre…Il y a donc de l’espoir.

  • peduzzi

    chère christelle,
    ton analyse est pertinente mais elle est utopiste! depuis le 22 avril on pedale dans la semoule parce que pour un centriste qui se respecte la presidentielle se resume à "vaincre ou mourir" si bayrou est au second tour il gagne! mais il n’est pas au second tour car les deux fichus partis qui dominent la vie politique en france preferent garder leurs acquis respectifs au risque de perdre plutôt que de changer le système!
    Le parti socialiste dont on se rapproche chaque jour un peu plus, a preferé perdre plutôt que de mener segolène au pouvoir!
    on a porté le theme de la renovation ,on a porté le theme de l’ouverture, on a porté le theme de la refondation de la vie publique mais on a perdu parce que les gros partis detestent par dessus tout que l’on marche sur ce qu’ils appellent leurs platebandes et qui leur garantie ceux que les medias estiment être "leur electorat",et nous pauvres democrates on a fait le même score à aubervillliers qu’ à biarritz! c’est très stupefiant…..
    Nous sommes les grands gagnants de la presidentielles nos idées sont dans l’antichambre du pouvoir nous sommes et françois plus que nous, l’authenticité de la france profonde, de la france qui travaille, de la france qui souffre!
    Nous sommes helas aussi les grands perdants, nous sommes entrain de créer la caricature d’un cours de 1ére année de science po, un parti de cadre et un parti de militants, j’ai beaucoup plaisanté par le passé sur les radicaux un pour la droite un pour la gauche etc… Aujourd’hui je suis rouge de honte!
    J’ai des amis au NC et je n’ai aucune envie de les insulter même si c’est d’abord l’ambition qui les guide.
    Le MODEM et les municipales, vaste débat à ce sujet je trouve que trop peu de blog même d’eminent elus du parti abordent la question, je sais que c’est un sujet sensible au plus haut point mais pour un parti nouveau mettre sur la table la singularité de son organisation c’est déjà un signe avant coureur…..
    Une dernière critique, chère christelle, tu nous dis il faut une strategie mais il faut juste la sussurer pour que l’electeur moyen comprenne sans le dire! Je crois qu’il nous faut une strategie à la mesure de ce que nous sommes! On ne peut plus se contenter de donner rendez vous le 4 fevrier 2008 à 16 h 42 car marielle va glisser dans la grande oreille de françois la strategie qui sera la meilleure, treve de plaisanterie, nous sommes 45000 si tu veux reunir tout le monde il faut louer le stade de france!
    les municipales c’est un leader, une equipe, un projet j’ignore dans combien de villes en france on va reunir le pack, nous savons tous que le soir du 1er tour ça va être un gros bordel et pas grand chose ne sera vraiment controlable car la specificité française c’est que chaque commune est une particularité.
    Pour bien reussir une municipale il faut dès maintenant lancer un ou plusieurs candidant à la rencontre des electeurs futurs

  • FrédéricLN

    Bonjour, peut-être la stratégie de comm’ est-elle à affiner par rapport à la formulation du billet, mais j’aime bien l’idée du challenger. Dans beaucoup des communes où il y a une même équipe en place depuis des décennies, remettre le citoyen au centre passe par changer l’équipe en place. C’est dans cette optique qu’en 2001, j’ai voté au second tour pour le candidat UMP à Argenteuil, qui a mis fin à cette élection à 66 ans de communisme municipal – et de ce fait, à au moins deux décennies de paralysie municipale.

  • FrédéricLN

    Je relaye la question en référençant ton billet sur France démocrate :
    http://www.francedemocrate.info/...

  • Guillaume A

    Je suis d’accord sur le fait qu’il faut gagner et s’allier pour avoir des élus.

    Seuls, nous n’aurons que quelques élus et cela ne servira à rien.

    Il me semble quand même difficile de ne pas avoir une attitude homogéne sur tout le territoire, comment soutenir, là Alain Juppé et là Gérard Collomb.

    D’ailleurs, l’UMP se pétrifie dans l’habitude du pouvoir sur BORDEAUX.

    Sur PARIS, l’équipe en place est-elle celle de l’hôtel de ville ou celle de la mairie du 17ème arrondissement ?

    S’il y a bien un endroit où l’UMP s’est accroché au pouvoir, c’est bien PARIS, et si l’on doit faire alliance avec quelqu’un, sauf avec la droite, on sait qui il reste.

    Quand faut-il le dire, je ne pense pas que sortir de son châpeau, au soir du premier tour, une alliance, sans en avoir parler avant, soit trés respectueux, sinon des électeurs, en tout cas des militants.

    Nous qui parlons de liberté depuis plus de dix ans, nous devons mettre en accord notre attitude avec nos paroles.

  • Résistance17

    @peduzzi:
    Le modem n’est pas au second tour parce que les électeurs n’en ont pas voulu! Ce n’est pas la peine de se chercher des boucs émissaires, on ne parle pas simplement de 1 ou 2 % manquants. Aujourd’hui tout le problème du Modem est de vendre ses voix lors des seconds tours pour néanmoins avoir des élus. Et vendre ses voix lorsque l’on s’oppose à la majorité et à l’opposition c’est effectivement difficile à faire passer auprès de l’électorat. D’ailleurs on n’entend pas parler de programme du Modem aujourd’hui à Paris. Le modem discute seulement de stratégie d’alliance… il est finalement le plus fervent pratiquant des pratiques qu’il a dénoncé! Je cite Christelle "Une ligne de comportement que je soutiendrai sera celle de s’allier au challenger, celle de combattre l’équipe qui, en place depuis plusieurs mandats, se pétrifie dans l’habitude du pouvoir, quelle que soit sa couleur politique." L’alliance est tactique pas programmatique! La stratégie est celle de la niche électorale.

    @Guillaume : sur paris l’équipe en place est celle de B. Delanoë. Ce n’est pas un scoop mais il est important de connaître les forces en présence lorsque l’on veut parler de stratégie électorale.

  • L'Hérétique

    Rassurez-vous, vous allez entendre très bientôt de notre programme. En réalité, nous le tenons simplement sous le coude afin d’arbitrer entre les multiples propositions des différentes commissions.

    A l’UDF-MoDem, voyez-vous, nous préférons les études de terrain aux effets d’annonce. Chacun sa méthode…

  • KPM

    Personnellement, je serais fort contrarié que notre stratégie entraîne la défaite de l’équipe de Delanoë, dont je suis globalement très satisfait. Paris n’a plus le même visage, et c’est grâce à la nouvelle équipe municipale.

    Je préférerais largement que nous remplacions les communistes et autres adversaires de la liberté au sein de l’équipe Delanoë. Hélas, le leader socialiste a pris la grosse tête et nous a envoyés bouler.

    En conclusion :
    – une alliance avec la gauche est impossible ;
    – une alliance avec la droite qui entraînerait la défaite de Delanoë est indésirable ;
    – une alliance avec la droite qui se solderait par une défaite serait désastreuse.

    Bon… on se maintient en indépendants au second tour ? On a tout à fait la capacité de dépasser les 10% à Paris, et qui sait peut-être obliger Delanoë à négocier avec nous pour le second tour. Et si ce n’est pas le cas, tant pis pour les sièges en moins.

  • L'Hérétique

    Je pense que l’indépendance est en effet la meilleure voie.

    Delanoë nous prend pour des girouettes, pas la peine de négocier avec lui dans ces conditions.
    Je préfère l’équipe Delnaoë à l’ancien RPR parisien, mais je suis très loin de leur donner le quitus que vous leur offrez.
    Les difficultés de circulation me demeurent en travers de la gorge, de même que l’immobilisme dans le domaine économique, et il y a certains candidats socialistes parisiens pour lesquels je ne voterai jamais. Plutôt voter UMP !

  • magne

    Bonjour,

    je suis de votre avis. Dans ma ville (Banlieu SUD) les adhérents du MoDem sont très septiques. La tendance souhaite en définitive que nous n’effectuons aucune alliance et au pire qu’on participe au débat sans se présenter. Ils pensent que nous devrions garder notre intégrité, nos valeurs. Nous sommes très peu à penser comme vous. Alors on m’oppose d’autres raisons : nous sommes jeunes, on n’a pas d’argent, on n’a pas d’expériences, il faut trouver 45 candidats si on y va seul. On va pas s’allier avec le PS et voir le PC pour gagner….ma réponse est très simple pour exister, il faut compter …il faut au moins être présent dans ces municipales. Et si on perd on aura acquis de l’expérience ….

  • AS

    Chère Christelle de Crémiers,

    Franchement j’ai du mal de vous suivre. "Combattre l’équipe qui, en place depuis plusieurs mandats, se pétrifie dans l’habitude du pouvoir…" ne constitue pas un programme. Au mieux, au niveau local, on peut comprendre que le MoDem s’allie avec les progressistes qui voudraient dégommer un cacique ex-RPR ou communiste, mais cela ne peut pas constituer une stratégie nationale. Peut-on imaginer le MoDem faisant alliance avec l’UMP dans les villes dirigées depuis trop longtemps par le PS et avec le PS dans les villes dirigées depuis trop longtemps par l’UMP ? Cela n’aurait pas de sens. A mon avis, la seule voie pour le MoDem est d’abord l’indépendance, de façon à rafler suffisamment de voix au PS et à l’UMP pour exister. Puis, nanti de ce capital électoral, de convaincre le PS d’opérer un renversement d’alliance, laissant le PC à l’extrème gauche pour construire enfin avec le MoDem une véritable social démocratie moderne.

  • Hector, avocat

    Bonjour,

    Le MoDem a une belle chance de s’illustrer durant les prochaines élections municipales. En parlant ainsi, je pense à la ville de Malakoff qui voit s’affronter un JE Paillon qui brille par un bon début de campagne axé qur l’ouverture vers les autres et un projet innovant pour la ville à une C Margaté, maire communiste sortant et à un T Guilmart, UMP énormément contesté par une population qui ne peut plus le voir par son radicalisme et le monstrueux sectarisme de son équipe. Dans un pareil contexte, le MoDem a de belles chances de faire basculer une ville trop longtemps restée stalinienne.

    Le peuple doit s’exprimer par les élections et personne n’a le droit d’en contester le résultat.

  • F1sxo

    "Ce post n’a pas pour objet de soutenir ou de critiquer les posts précédents mais simplement de vous informer que le Mouvement Démocrate à Colomiers a un site web pour ces élections municipales :

    http://www.colomiersenmouvement….

    sur lequel vous pourrez vous faire une opinion sur leur projet sans intermédiaire, avec des informations de première main."

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