Machine arrière au Gouvernement

En l’espace de trois jours, le Gouvernement a fait machine arrière sur deux domaines emblématiques : l’enseignement et la santé. L’abandon de ces mesures, qui procèdent de la même logique financière en matière de services publics, ne devraient cependant pas remettre en cause l’esprit général de l’action gouvernementale, mais on s’en félicite quand même.


Première joie lundi dernier lorsque Roselyne Bachelot a accepté de retirer du projet de Loi « Hôpital, patients, santé, territoires » un des alinéas de son discret article 20 qui prévoyait de promulguer par voie d’ordonnance des mesures pour « assouplir les règles relatives à la détention du capital » des laboratoires d’analyses médicales. Aujourd’hui, les députés ont voté la réforme des laboratoires sans l’ouverture de capital contestée et que je dénonçais dans les colonnes de La Tribune.

Deuxième joie hier lorsque François Fillon a déclaré que le controversé décret sur l’activité des enseignants-chercheurs devait être réécrit totalement. C’est avec ce décret que Valérie Pecresse avait trouvé la super idée d’éloigner les bons chercheurs des élèves et d’accabler les mauvais chercheurs avec plus d’heures de cours. L’enseignement pour elle n’est donc pas cette transmission du savoir qui donne un sens à la recherche, mais une punition pour chercheur paresseux. Quant à savoir si un chercheur est bon ou mauvais, les présidences des Universités, chargées de cet arbitrage fumeux ont failli crouler sous les passe-droits… Oui, il fallait bien le réécrire.

Cependant l’esprit des Lois demeure : moins de personnel, moins de moyens, moins de formation, moins de recrutements dans la santé et dans l’enseignement. Ce qui guide l’action gouvernementale, ce n’est pas d’assurer une santé et un enseignement de qualité accessibles à tous, ou du moins de s’en approcher le plus possible en fonction des moyens, c’est bien de couper les dépenses publiques et seulement ça. Ma bonne dame ! mais les caisses de l’État sont vides ! on n’y peut mais…

C’est facile de culpabiliser les Français en leur disant qu’ils sont trop exigeants, que les temps sont durs, qu’ils sont des assistés. Au Danemark, les temps sont tout aussi durs, la fiscalité est bien plus élevée qu’en France mais il n’y a pas de plaintes car l’argent public circule, les prestations sont de qualité et globalement elles servent l’économie. En France, moins d’un ménage sur deux contribue au budget de la Nation. Les revenus moyens et les entreprises moyennes portent seuls l’essentiel de l’impôt. Pour les plus démunis, rien à dire, mais les plus riches, ménages ou entreprises sont curieusement exonérés. Sans parler du tristement fameux paquet fiscal, regardez par exemple combien le Groupe Bolloré a payé d’impôt sur les sociétés en 2007, l’année du yacht. C’est public, je vous laisse découvrir !

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