Livret A ou le peu qui reste

46 millions de Livrets A sont ouverts en France dans tous les établissements financiers depuis cette année, avec 3000 euros en moyenne. Véritable bas de laine national, son taux de rémunération a été fixé par les gouvernements successifs depuis sa création en 1818. Jusqu’en 2004, où Jean-Pierre Raffarin décide de le calculer selon une formule « indépendante » du pouvoir politique.


Lorsque Claude Guéant affirme dans les colonnes des Echos de ce jour qu’ « En tout cas, ce que je peux dire avec une certitude totale, c’est que le Livret A restera rémunérateur par rapport à l’inflation », il a raison. Là où il « ment », pour reprendre un terme qu’il utilise beaucoup en ce moment, c’est quand il laisse croire que c’est une décision politique.

C’est bien là le problème, le taux de rémunération du Livret A, c’est-à-dire la rémunération du peu qui reste lorsque l’on a réussi à nourrir sa famille et à se loger pour environ 40 millions de Français, n’est plus officiellement du ressort du politique. Depuis 2004, il est calculé en fonction de l’inflation, de manière à lui être toujours légèrement supérieur, d’où l’affirmation « courageuse » de M. Guéant, et de l’euribor 3 mois. L’année dernière, la formule a encore été compliquée avec d’autres indices. Au final, presque plus personne ne comprend la formule exactement, mais en tout cas, plus aucun politique au gouvernement ne peut être tenu pour responsable. Lorsque les choses vont bien, la formule compliquée fait son travail et fixe le taux de rémunération au-dessus de l’inflation, toujours, mais aussi dans les voisinages des taux directeurs.

Mais quand les choses vont mal, comme aujourd’hui, la formule compliquée calcule un taux de rémunération compris entre 1 et 2 %. Et là commence le travail de ceux qui nous gouvernent : vont-ils s’abriter derrière la Banque de France et ses formules mathématiques, ou vont-ils faire face à leurs responsabilités, dont aucune formule n’aurait dû les exonérer ?

PS du 10 avril : le Livret A passe à 1,75 %. On a notre réponse.

4 comments to Livret A ou le peu qui reste

  • Patrice

    La fortune privée totale des ménages français est de l’ordre de 10 000 milliards d’Euros, soit plus de 350 000 Euros en moyenne – moyenne qui ne représente pas grand chose en raison de l’énorme dispersion : l’immense majorité des ménages possède beaucoup moins, tandis que quelques-uns possèdent astronomiquement plus. En tout, le Livret A des français ne représente que de 1 à 2% de ce patrimoine total. Il ne parvient à ce montant significatif qu’en raclant les fonds de tiroir des "économies" des très nombreux pauvres. Le système financier rémunère alors ces "économies" à peine au taux d’intérêt sans risque, ou même moins en ces temps de crise. Le vrai "bas de laine" français est heureusement ailleurs.

  • dalexisreal88

    salut je te feleicite pour tout c-est tres bien

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