Le 9 mai, jour férié dans toute l’Europe : pourquoi cela tarde-t-il autant

Le consensus semble transcender les frontières et les clivages politiques. L’Europe a besoin de symboles et d’images communes. Une communication festive et commune à l’Union Européenne est très attendue et nécessaire à l’enracinement d’un sentiment d’appartenance européen. Pourtant la « commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques » continue d’ignorer cette année cette proposition récurrente.


Une étude réalisée début 2005 par Laurent Gervereau montre que les media nationaux de l’Union Européenne ne diffusent en moyenne que 5 % d’information ayant trait à l’Europe, avec un maximum atteignant 10 % pour la campagne de ratification du Traité. Et encore, ces rares informations montrent l’Europe institutionnelle, économique, en un mot sérieuse, mais ni proche, ni enthousiaste, ni attirante. Pas de  » European way of life » qui fasse rêver, qui constitue une identité, comme Hollywood a contribué à créer l’image de l’Amérique.

Ce n’est malheureusement ni le fruit du hasard, ni le fruit de la négligence des classes politiques nationales. Un chassé-croisé à trois bandes s’est tissé depuis une vingtaine d’années entre les États membres et les institutions de l’Union qui conduit à l’absence d’image de l’Europe et donc à l’absence d’une opinion publique européenne, ciment de la construction politique.

1. Les classes politiques nationales « utilisent » l’UE pour expliquer des décisions difficiles et se dédouaner face à leur électorat.
2. L’Europe n’a pas toujours intérêt à communiquer sur ses réalisations futures. En évitant de froisser les susceptibilités nationales, les projets avancent plus vite.
3. Même si l’Europe souhaitait communiquer sur ses réalisations, qui sont nombreuses, essentielles et à forte valeur ajoutée, elle ne pourrait pas toujours car les classes politiques nationales communiquent déjà les succès de l’Europe en les mettant à leur propre crédit et en les limitant à un cadre national.

Toutes les démocraties ont eu un temps pour s’établir, se renforcer, se développer. La démocratie européenne en est à ses débuts, mais elle doit en plus affronter la réticence des hommes politiques nationaux à diminuer leur impact médiatique au profit de la sphère européenne, en même temps qu’elle subit le désenchantement général du citoyen européen à l’égard de la politique et des élections.

Pour un 9 mai férié :
au modem
au Mouvement européen
Socialistes luxembourgeois
Blog Sauvons l’Europe

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