Obama et Sarkozy : mêmes moyens, mais des fins ô combien différentes

Nicolas Sarkozy a adopté les règles de la nouvelle communication politique : un marketing à la fois ultra individualisé et massif désormais possible grâce à Internet ; une communication intégrale occupant tout le temps le devant de la scène et complètement maîtrisée. Bref, il n’y a que la météo qui ne parle pas du Président.


Le site de l’Elysée va devenir une plate-forme collaborative, véritable site de campagne permanent mêlant les genres entre le Président de tous les Français et le candidat 2012. L’occupation du seul espace médiatique qui reste encore incontrôlable est orchestrée dès 2009, à la suite sans doute, des déboires d’HADOPI, qui a échoué à légaliser le contrôle de l’information sur la toile.

En 2007, la nouvelle stratégie tout communication du camp sarkozyste a payé. Les Français ont cru à des lendemains qui chantent. Puis ils ont vite déchanté, assimilant la communication à l’action politique, et l’action politique à l’imposture. L’utilisation à outrance de la langue de bois et la sur-médiatisation à des fins contraires à l’intérêt de la population a discrédité la classe politique française toute entière. Cela est très dangereux, car le « tous pourris » porte en germe une radicalisation de la société.

Lorsque l’on communique sur le « travailler plus, pour gagner plus » comme un message d’espoir pour ceux qui veulent s’en sortir par leur travail car ils n’ont rien d’autre, et que la réalité est que l’on travaille plus, point, lorsque les disparités de revenu et de patrimoine n’ont jamais dans les dernières cinquante années été aussi fortes, on comprend l’imposture et on assimile la communication politique à un artifice qui trompe les ignorants et noie les impatients.

Pourtant, les extraordinaires possibilités de la communication politique du 21e siècle peuvent aussi être mises au service de l’intérêt général. Il est possible d’être un excellent communiquant et un homme politique recherchant le bien commun et non les intérêts particuliers de quelques familles qui tiennent un pays. Le message ci-dessous de Barack Obama est un exemple de ce qu’un homme peut faire, même au pays des lobbies puissants et court-termistes des grands groupes financiers de l’assurance maladie. Je vous invite à visiter le site de la Maison Blanche et notamment cette video qui décrit ce qui motive l’action du Président Obama.

By the way, ce message d’Obama montre qu’en démocratie, un Président ne peut pas tout, il n’a pas de Parlement acquis à sa botte. On imagine difficilement Sarkozy partir en campagne pour convaincre les parlementaires français. Chez nous, notre soi-disant contre-pouvoir parlementaire a voté ou s’apprête à voter comme un automate le HADOPI 2 alors même que le Conseil Constitutionnel, fait rare, l’a dénoncé.

Ce n’est pas de l’angélisme, c’est de l’efficacité : lorsque seules quelques familles accèdent au pouvoir économique et politique et bloquent la société pour y rester, ce sont autant de millions de talents et d’énergies qui ne sont pas utilisés pour l’intérêt général ni pour la construction d’une société solidaire et durable. C’est effectivement une question de démocratie. La bataille pour la démocratie ne s’arrête jamais.

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Sujet : This is the moment
Date : Wed, 5 Aug 2009 13:50:03 -0400
De : President Barack Obama
Répondre à : info@barackobama.com

Friend —

This is the moment our movement was built for.

For one month, the fight for health insurance reform leaves the backrooms of Washington, D.C., and returns to communities across America. Throughout August, members of Congress are back home, where the hands they shake and the voices they hear will not belong to lobbyists, but to people like you.

Home is where we’re strongest. We didn’t win last year’s election together at a committee hearing in D.C. We won it on the doorsteps and the phone lines, at the softball games and the town meetings, and in every part of this great country where people gather to talk about what matters most. And if you’re willing to step up once again, that’s exactly where we’re going to win this historic campaign for the guaranteed, affordable health insurance that every American deserves.

There are those who profit from the status quo, or see this debate as a political game, and they will stop at nothing to block reform. They are filling the airwaves and the internet with outrageous falsehoods to scare people into opposing change. And some people, not surprisingly, are getting pretty nervous. So we’ve got to get out there, fight lies with truth, and set the record straight.

That’s why Organizing for America is putting together thousands of events this month where you can reach out to neighbors, show your support, and make certain your members of Congress know that you’re counting on them to act.

But these canvasses, town halls, and gatherings only make a difference if you turn up to knock on doors, share your views, and show your support. So here’s what I need from you:
Can you commit to join at least one event in your community this month?

In politics, there’s a rule that says when you ask people to get involved, always tell them it’ll be easy. Well, let’s be honest here: Passing comprehensive health insurance reform will not be easy. Every President since Harry Truman has talked about it, and the most powerful and experienced lobbyists in Washington stand in the way.

But every day we don’t act, Americans watch their premiums rise three times faster than wages, small businesses and families are pushed towards bankruptcy, and 14,000 people lose their coverage entirely. The cost of inaction is simply too much for the people of this nation to bear.

So yes, fixing this crisis will not be easy. Our opponents will attack us every day for daring to try. It will require time, and hard work, and there will be days when we don’t know if we have anything more to give. But there comes a moment when we all have to choose between doing what’s easy, and doing what’s right.

This is one of those times. And moments like this are what this movement was built for. So, are you ready?

Please commit now to taking at least one action in your community this month to build support for health insurance reform: http://my.barackobama.com/CommitAugust

Let’s seize this moment and win this historic victory for our economy, our health and our families.
Thank you,
President Barack Obama

1 comment to Obama et Sarkozy : mêmes moyens, mais des fins ô combien différentes

  • Orange pressé

    Une grande différence tout de même joue entre notre système et le système américain : la séparation des pouvoirs.
    Le Congrès a été pensé pour avoir plus de pouvoirs que le président. En pratique, la montée en puissance du président à permit de rééquilibrer les choses mais pas totalement et le Congrès reste très puissant et indépendant. En France, les députés sont élus sur le nom du président dans la foulée de l’élection présidentielle. Avec la réforme constitutionnelle de 2008, le Parlement est censé avoir plus de pouvoir mais dans les faits, la limitation du temps de discussion et la restriction du droit d’amendement musèle toute opposition.

    Barack Obama a su s’entourer de bons communicants et se sert de la communication d’une façon plutôt positive mais il a aussi ses points noirs. Son discours du Caire où il justifie le port du voile est inquiétant. La façon dont il considère l’OTAN ne le diffère pas ou peu de ses prédécesseurs. Il faut faire attention à ne pas trop enjoliver la situation.

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