La réponse de La Grande Motte

Les militants qui ont pu rester jusqu’au bout sont partis très contents de La Grande Motte dimanche après-midi. Requinqués, pourrait-on dire, après le désarroi dans lequel les avait plongés la perspective de devenir une béquille du PS.


Requinqués tout d’abord par le brillant discours de Corinne Lepage.

Ensuite, dans son discours, François Bayrou a laissé entendre que le principe d’autonomie, valeur fondatrice du Modem, serait préservé au premier tour, des régionales comme de la présidentielle. La présidentielle à laquelle le président du Modem n’a cessé un instant de penser tout au long de sa « réponse ».

Certes, une partie du PS est clairement favorable à des listes avec le Modem et une autre partie est clairement réticente, et François Bayrou tente de toutes ses forces de gonfler cette pomme de discorde. Mais il y a une chose qui réunit tous les socialistes de Peillon à Mélenchon : pour eux, le Modem est un appoint, intéressant ou inutile, mais un appoint, et François Bayrou, le chef d’un appoint.

Certes, le Modem pourrait fusionner avec les listes socialistes au second tour, mais l’esprit fondateur serait sauf : au premier tour ce sont des alliances programmatiques, au second, des alliances tactiques. Il serait sauf, en apparence seulement. L’esprit fondateur était surtout celui de créer une troisième voie triomphante. Or, avec des alliances de second tour avec les listes socialistes, la position du PS au lendemain de la dernière élection avant 2012 serait la même que dans les années 80 et la même que dans les années 90 : celle de chef de l’opposition. Avec en prime un petit coup de modernité apporté par l’appoint orange.

Certes, François Bayrou s’est posé en chef de l’opposition en proposant de créer les assises de l’alternance. Mais en menaçant ceux qui ne voudraient pas parler avec lui de faire le jeu du sarkozysme, il n’a pas créé les conditions nécessaires au dialogue lui-même.

La question qui me paraît fondamentale et à laquelle La Grande Motte n’a pas apporté de réponse est celle du leadership de l’opposition. Je pense que le PS en l’état ne reviendra pas au pouvoir. Quelle élection faut-il encore attendre pour que le leadership de l’opposition cesse d’être porté par l’appareil socialiste ?

3 comments to La réponse de La Grande Motte

  • Guillaume A

    Merci pour ce commentaire qui est instructif pour ceux qui n’étaient pas à la Grande Motte.

    Les assises de l’alternance est une excellente idée, elle renvoie aux états généraux de l’opposition qui avaient été tenu par la droite à la fin des années quatre vingt et qui lui ont véritablement permis de se reconstruire.

  • Orange pressé

    Je pense que la solution viendra du centre. Les dernières élections européennes ont clairement montré que l’alternative passait par ce biais. Europe-Écologie et le MoDem ont plus de valeurs en commun que le PS et le MoDem. DCB semble décidé à passer l’éponge et accepter de faire un projet commun mais François Bayrou ?

    Au MoDem, les progressistes sont là mais attendent de voir ?
    Attendre Décembre et Arras ? Trop tard.
    Décider sans les militants ? Ce serait faire le jeu de l’UMP.
    Et Corinne Lepage dans tout ça ? Elle reste et tente d’influer François Bayrou mais l’écoutera-t-il ? EE lui fait des appels du pied depuis un bon moment mais Corinne Lepage reste bien arrimée au navire orange.

    Le discours de Corinne Lepage est mon sens, le réel signe qu’il reste encore un esprit vif chez les démocrates. Reste à savoir si elle restera alors qu’une alliance PS-MoDem se profile.

  • Abdel

    Pour soutenir un homme de conviction tel Dominique de Villepin, inscrivez-vous sur le nouveau réseau social politique sur internet http://www.villepincom.fr/

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