L’écologie politique est un projet de société

Avec la prise de conscience des conséquences lourdes de l’action de l’Homme sur la planète, le vote écologiste prend de l’ampleur. Mauvais perdants ou adversaires, des responsables politiques considèrent que c’est une mode et qu’elle passera, ou que l’écologie ce n’est pas la « vraie » politique, ou encore que l’écologie est soluble dans tous les partis.

La prise de conscience de l’action de l’Homme sur la planète, de la finitude des ressources et de la disparition des frontières n’a rien d’une mode. C’est l’enjeu du XXIe siècle et c’est la première fois que nous sommes confrontés à ce défi qui remet en question le caractère infini de la richesse matérielle promise par le capitalisme. En d’autres mots, ceux et celles qui analysent le vote de juin dernier comme un vote « apolitique » se trompent. Il s’agit d’une aspiration à une société humaniste, démocratique, solidaire, où le monde financier est régulé, reflète l’économie réelle et peut être tracé. Ce sont les caractéristiques d’un projet de société. C’était donc bien un vote politique.

Si la « vraie » politique est celle de diminuer la dette de l’État, réduire le chômage et débloquer l’ascenseur social, le projet politique écologiste ne s’occupe pourtant que de cela. Réduire l’écologie à la défense de l’environnement, à la taxe carbone et au tri sélectif, c’est méconnaître la portée du projet politique. Dette de l’État, chômage et blocage social sont liés et ont pour corollaire l’extrême disparité des richesses dont pâtit notre société désormais. On ne peut analyser les causes de l’extrême pauvreté sans identifier celles de l’extrême richesse. Il apparaît alors que le non renouvellement de l’élite économique et son caractère héréditaire rendent l’État providence inopérant pour assurer la solidarité sociale nécessaire à la démocratie. L’impôt devient inefficace pour les très hauts patrimoines, surtout depuis le bouclier fiscal, mais aussi pour les plus pauvres qui sont de plus en plus nombreux. La solution social-démocrate de la fiscalité, en vigueur depuis la dernière guerre, vient désormais se heurter le front contre le mur des disparités sociales. La solution de l’écologie politique est celle de la régulation démocratique de l’utilisation des ressources naturelles. Elle implique donc un changement de paradigme économique et de comptabilité des richesses.

Face à la finitude des ressources, il y a une autre solution : « Pour moi d’abord, pour mes copains, ensuite. » – pourrait se dire celui qui est au pouvoir. Et pour durer (un peu), toutes les culpabilisations sont bonnes à médiatiser : si on respire, ça pollue, si on est malade, c’est cher. C’est un solution politique possible, et c’est celle que je combats. L’écologie n’est donc pas soluble dans tous les programmes des partis. Face aux défis de ce siècle, un nouveau clivage politique est apparu, clair et violent : d’un côté, un projet néo conservateur qui utilise le « fachisme vert » pour se maintenir, de l’autre un projet écologiste et démocrate qui vise à l’utilisation solidaire des ressources naturelles à l’origine de la croissance économique.

3 comments to L’écologie politique est un projet de société

  • Elodietp

    Bravo Christelle pour cette note : il est enfin temps que les démocrates intègrent pleinement les questions écologiques et ne les considèrent plus comme un thème de commission supplémentaire ou réservées à une proposition parmi dix dans un programme…
    Merci de porter cette position courageuse et difficile mais qui est là seule qui nous permettra d’envisager un avenir viable, vivable, équitable et… démocratique.

  • SAID

    BONSOIR CHRISTELLE JE VIENS DE LIRE VOTRE ARTICLE ET JE VOUDRAIS SAVOIR SI VOUS CONTINUEZ VOTRE ENGAGEMENT AU MODEM ET J ESPERE QUE VOUS SEREZ CANDIDATE AUX REGIONALES ET QUE VOUS SEREZ ELUE BONNE CONTINUATION UN SYMPATISANT DEMOCRATE FRANCILIEN

  • http://philippemasson.hautetfort.com

    Belle construction intellectuelle, qui accentue la bipolarisation mais ne résout rien.

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>