"2012" mégaprod mégalo

Nous sommes habitués en Europe aux super productions américaines, à leur démonstration de force financière et à leur virtuosité technique. Mais celle-ci, a une particularité. Plus que les précédentes, elle s’affirme universelle et joue avec brio la carte de la communication mondialisée.


Avec les 200 millions de dollars qu’a coûté cette super production, rien n’a été laissé au hasard. Dès 2007, année du démarrage des travaux, des blogs ésotériques ont commencé à diffuser les thèses de la fin du monde du calendrier maya. Plusieurs Instituts ont été créés spécialement pour interroger les esprits, sous couvert de pseudo argumentaire scientifique. Certains sont clairement liés au film, comme l’Institut pour la Continuité Humaine, d’autres font semblant d’être indépendants, comme l’Institut de la Désinformation. Plus fort encore : la dizaine d’articles 2012 de wikipédia, dont l’un recense 88 références, qui se contredisent plus ou moins. Seule une lecture attentive permet de déceler que l’article n’affirme rien. Des centaines de sites véhiculent l’idée que 2012 est une date clé, et certains, redoutables, proposent de jouer à la loterie à l’ensemble de l’Humanité. Le prix : survivre au chaos dans lequel sera soumise notre planète.

Un cas d’école du viral marketing réussi. Des milliers de lettres affluent à la NASA, des ados menacent de se suicider pour ne pas voir la fin du monde. Un certaine peur s’empare du public, déjà malmené par les culpabilisations et les menaces qui accablent quotidiennement les téléspectateurs. Au-delà du simplisme bien/mal habituel, une vision politique du monde est affirmée : le Président des Étas-Unis, martyre, préside le G8, seuls quelques pays ont droit à une référence. L’italie pour le Pape, la Russie pour la Guerre Froide et la Chine pour son côté fourmi travailleuse. C’est l’Allemagne qui parle au nom de l’Europe. La France, comme le reste du second et du tiers-monde est totalement absente politiquement.

Les Mayas, à qui on n’a pas demandé l’heure, et qui vivent avec 2 dollars par jour, sont scandalisés par cette instrumentalisation mercantile. « 2012 » marque un point dans la manipulation des masses à des fins commerciales. L’ampleur des moyens utilisés, financiers, mais aussi en intelligence humaine, marketing, technique, organisationnelle, … pourrait être orientée, dirigée, tendue vers un autre but que l’argent pour l’argent, qui est sans issue. Décidément, il faut changer de système. Ni capitalisme, ni communisme. J’ai confiance, on va trouver autre chose…

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