L'alternance en 2012 !

On croyait que le 2e mandat de Nicolas Sarkozy était plié. Avec la crise, les dérapages, les tensions dans la majorité, l’espoir surgit en 2010. Et si c’était possible ?


Les raisons d’espérer tiennent autant du changement au sein même de la majorité que du regain de l’opposition.

Les mesures anti-démocratiques du gouvernement comme la nomination de M. Le fils à l’EPAD, la proposition de suppression du juge d’instruction, la facilitation de la reconduite aux frontières, la culture de la com’ des chiffres aux dépens de résultats réels, la Loi Hadopi, la liste est longue, ont fini par méduser l’électorat de droite le plus fidèle. N’oublions pas que le recul du Président dans l’affaire de l’EPAD a été fait sous la pression de dizaines de milliers d’adhérents UMP qui ont rendu leur carte… Si à cela on ajoute le manque de perspectives, les abandons des mesures phares et, pour tout bilan, une seule réforme aboutie, celle du bouclier fiscal, on comprend que l’Elysée renouvelle ses injonctions aux députés de la majorité. Mais les injonctions devraient être insuffisantes, tant la crise a profondément marqué les Français et montré combien les mesures conservatrices pour les plus riches sont inefficaces pour la collectivité. Pour parachever ce tableau, la candidature sur le centre-droit de Dominique de Villepin et d’Hervé Morin, prendra la candidature sarkozyste en sandwich pour une portion réduite proportionnellement à la cerise du FN, requinqué par le débat national sur l’identité.

Côté opposition, depuis quinze ans éloignée de l’Elysée et depuis huit ans du pouvoir, la réflexion a eu le temps de faire son chemin. L’arrogance habituelle du PS depuis les années Mitterrand a été mâtinée par de longues années d’attente et d’échecs, les expériences malheureuses de la « gauche plurielle » et des élections internes honteuses de 2009, combinées à une semonce de taille de la part de leur électorat qui leur a préféré Europe Écologie. Une certaine sagesse semble se dégager : on sait que Martine Aubry et DSK n’ont pas l’intention de se déchirer, on sait que l’entre-deux tours des régionales s’est très bien passé, on sait que le PS se prépare à « un accord de gouvernement » avec Europe Ecologie. Claude Bartolone, proche de la secrétaire nationale, s’en est ouvert dans les colonnes du Monde du 31 mars.

Bien des pièges restent encore à déjouer, en particulier la présidence par Nicolas Sarkozy du G8 et du G20 en 2011, qui lui donnera, comme en son temps la présidence de l’UE, l’occasion de faire de l’international pour faire oublier les problèmes de son gouvernement, notamment pendant que la réforme des retraites battra son plein. Si la gauche évite le piège des déficits de l’État, en n’invoquant plus les recettes usées du XXe siècle, si elle réussit à conserver la détermination et l’humilité qu’elle affiche depuis les européennes et qu’elle propose de nouvelles règles du jeu fondées, en particulier, sur la création de richesse responsable socialement et vis-à-vis de l’environnement, alors tous les espoirs sont permis. Et pour ma part, je me retrousse les manches dès maintenant.

3 comments to L'alternance en 2012 !

  • pikpik

    "N’oublions pas que le recul du Président dans l’affaire de l’EPAD a été fait sous la pression de dizaines de milliers d’adhérents UMP qui ont rendu leur carte… "

    surtout par une baisse de 10-15 pts dans les sondages en 1 mois chez les + de 65 ans, l’électorat qui l’a élu en 2007 et qui depuis est en partie retourné vers Lepen, malgré le débat sur l’Identité nat. fait sur mesure pour tenter de les rattraper

    Chat echaudé craint l’eau froide : passer de Lepen à Sarko, pour revenir à Lepen… ils ne reviendront pas à Sarko
    pour moi c’est plié

    d’autant qu’au niveau "sécurité" il faudra bien aussi faire un bilan

  • peduzzi

    chère christelle,
    Je ne partage pas totalement ton enthousiasme sur l’alternance en 2012, car je crois qu’il y a un problème à gauche en ce qui concerne l’ouverture, en effet la gauche ne peut gagner au deuxième tour qu’en sortant du sectarisme veritable replis sur soi que nous voyons ne serait ce qu’en regardant ses relations tumultueuses envers le Modem.
    De plus, la gauche semble otage de personnalités très à gauche comme melenchon voir besancenot pour essayer de recuperer leurs maigres électeurs il y a une surenchère utopiste alors qu’au centre il y a les voix à conquerir pour gagner, toutes les dernières élections le demontrent.
    Je constate aussi que la gauche est très en retard sur les grands sujets qui font débats jusqu’à present ils ne réagissent voir surréagissent qu’au coup par coup au lieu de se doter d’une ligne politique claire qui est aujourd’hui plutôt brouillonne, il ne faut pas oublier non plus que la gauche est plurielle.
    Dernier élement et non des moindres qui pour amener la gauche à l’alternence? j’ai beau regarder partout, je ne vois pas de tête de vainqueur! Il reste une grande inconnue voir même un mystère : que representent réelement les verts?
    Pour ma part je vais participer à l’emmergence d’un centre fort sous toutes ses formes, j’analyserai entre les deux tours les options présentes.
    je t’embrasse
    Alain

  • Guillaume A

    Je partage totalement l’analyse de Peduzzi comme celle de Georges FRESCHE au soir des régionales qui a dit que c’étaient les présidents de région qui avaient gagné.

    C’est effectivement eux qui ont gagné, y compris en Alsace et en Languedoc Roussillon et non la gauche qui a perdu 60.000 voix par rapport à 2004 alors que le corps électoral a augmenté de plus de deux millions de voix dans le même temps.

    L’alternance n’est pas sure en 2012.

    Souhaitons que le centre y joue un rôle que seul BAYROU peut tenir, quelque soient ses forces et ses faiblesses.

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