Combattre l’abstention durablement

Dans le cadre des États Généraux du Renouveau organisés par le Nouvel Obs et par Libération à Grenoble ce week-end, j’interviens à la table ronde de la Fondation Copernic sur « La démocratie au péril de l’abstention ». Voici le texte de mon intervention.


Etats Généraux du Renouveau

Lorsque plus de la moitié des électeurs – pour ceux qui sont inscrits sur les listes électorales – décide ou choisit de ne pas voter, peut-on encore parler d’élection ?

L’abstention interroge nos valeurs démocrates. Elle révèle clairement la défiance des citoyens vis-à-vis du système politique français. Elle manifeste, encore plus profondément que les défilés de la rue, le désarroi face aux politiques, car lorsque l’on proteste publiquement, au moins subsiste l’espoir d’être entendu. Elle exprime la décision, d’une majorité d’électeurs aux dernières élections européennes et aux élections régionales, de ne plus croire qu’un changement est possible.

Elle s’explique aussi. Depuis trente ans, les alternances successives ont été sans effet sur la tendance de fond : que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne, les disparités sociales se creusent, alors que le PIB ne cesse de croître. Les disparités du revenu, sans mentionner celle du patrimoine, ont été multipliées par 20 en trente ans en France. En octobre 2008, l’OCDE reconnaît enfin, de manière historique, que le principe sur lequel repose le système socio-économique des pays développés, seule référence depuis la chute du Mur, ne fonctionne pas. En remettant en question le dogme selon lequel « quand la mer monte, tous les bateaux montent », quand certains s’enrichissent, l’ensemble de la société en profite, l’OCDE permet d’ouvrir le débat public sur la remise en question du système actuel.

Mais ce débat n’a pas été repris par le gouvernement. Lors de la crise de 2008 provoquée par l’illusion de la spéculation financière, les Français, à qui l’on expliquait que l’État est déficitaire et que l’argent manque, ont vu successivement 12 milliards débloqués pour les banques et les entreprises bénéficiaires licencier massivement. Ils ont vu que leur alimentation et leur santé étaient des enjeux financiers de dirigeants industriels avec la complicité du politique. Ils ont vu leur Président s’engouffrer au Fouquet’s au lieu de les remercier et l’opposition se déchirer.

Parce qu’elle considère les élections républicaines comme une mascarade, parce qu’elle englobe dans un même rejet l’ensemble de la classe politique, l’abstention est un poison pour la démocratie. Si l’on accepte que les raisons de l’abstention puissent prendre racine dans le comportement de la classe politique, si l’on rejette comme non significatives des raisons qui relèvent du jugement de valeur sur la soi-disant « paresse » ou « velléité » de l’électorat, alors il est possible de faire du combat contre l‘abstention un engagement politique.

Dans la situation de désarroi dans laquelle se trouvent les électeurs français, l’arrivée de l’homme – ou la femme –providentiel est un remède immédiat, même s’il est de courte vue, comme en témoignent les 84 % de participation lors de la dernière élection présidentielle. C’est dire si l’abstention n’est pas une fatalité et que le moindre espoir d’un changement bénéfique a la capacité de remobiliser l’électorat. Mais c’est un remède de courte vue car un candidat, aussi pensée et structurée que puisse être sa communication politique, reste dans l’instant d’une promesse, avec son lot de déceptions qui inévitablement viennent donner raison aux électeurs les plus méfiants. Le danger dans la situation dans laquelle nous sommes arrivés après trente années d’alternances impuissantes pour endiguer l’accroissement des inégalités sociales et la dette de l’État, réside dans le fait qu’une nouvelle candidature « providentielle », pour réussir à capter l’attention d’un électorat désabusé, doit faire de la surenchère dans le sens de la radicalisation du projet de société qu’elle propose. Et que la radicalisation la plus facile, la plus commode, la moins courageuse, est celle de jouer avec la peur des électeurs : peur de son prochain, peur de la différence, peur pour sa famille et pour son travail.

Il n’y a pas de nombreuses solutions pour combattre l’abstention de manière durable. Une candidature « providentielle » est un atout, mais celui-ci est inopérant s’il ne s’appuie pas sur une dynamique générale d’un changement de système socio-économique. En d’autres termes, combattre l’abstention durablement passe par le changement des règes du jeu qui président à la création et à la répartition des richesses. Or ce changement de modèle est de la responsabilité du politique au sens large, des réseaux citoyens, associatifs, comme des élus déjà en place.

Beaucoup de Français n’ont pas perdu espoir, et certains n’ont pas perdu espoir de redonner espoir. Il y a des convictions sincères et des ambitions déterminées à redonner de la crédibilité à l’action politique comme promoteur de l’intérêt général. Encouragées par les attentes fortes de l’électoral – en témoigne le taux d’abstention aux deux dernières élections – elles peuvent réussir à se fédérer.

1 comment to Combattre l’abstention durablement

  • zeghoudi

    sos reagissez allez sur le blog djemilayamina.blogspot.com j adresse une lettre ouverte au haut commissaire de onu j avais ouvert un blog djemila-yaminachez skyrock j adressez une lettre ouverte a notre chef d etat celui a etait fermer jusqu ou vons t il pour me faire taire des representant du gouvernement sont impliquer ils mon arracher mon bebe de 2 jours de mon sein mis un implan a mon inssu et jetter de la mater pour proteger un fils de pdg allez egallement sur facebook je joind video et documents le prouvand pourquoi notre chef d etat au courand laise t il faire j ai du me rendre a geneve pour deposer plainte contre la france .svp faite tounez ce blog djemilayamina.blogspot.com mercie pour ces enfants

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>