Du centre à l'écologie, pour l'alternance en 2012

Un combat singulier s’annonce à la présidentielle. La radicalisation de la politique du gouvernement dessine les contours de l’affrontement qui se prépare camp contre camp.


L’idée de la troisième voie avait du sens avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Pendant les trente dernières années, les alternances successives n’ont eu aucun effet sur la tendance de fond : que ce soit la droite ou la gauche qui ait gouverné, les disparités sociales se sont creusées régulièrement, tandis que le PIB n’a cessé de croître. Les écarts de revenu ont été multipliés par 20, tandis que la France est 5 fois plus riche. Au fil des alternances, l’instauration progressive d’un « duopole » politique entre le PS et le RPR, puis l’UMP, a fait le lit de l’immobilisme politique et a renforcé l’appauvrissement idéologique des programmes électoraux.

Aussi, les électeurs ne s’y sont pas trompés. À partir de 1988, le taux d’abstention, qui était stable à 20 % depuis la fin de la guerre, a décollé. Le vote FN aussi. La qualification historique du FN au second tour de la présidentielle de 2002 a marqué le refus du duopole politique. Dans ce contexte, la candidature de François Bayrou en 2007 a rencontré les Français. Adhérer à la troisième voie centriste n’était plus seulement protester, c’était espérer un changement de société plus juste. Las, la dynamique de la campagne de 2007 ne survécut pas longtemps à l’épreuve des alliances du second tour. Il faut dire que, sans projet fondamentalement en rupture, toute troisième voie est condamnée à rallier l’un des deux autres camps. Depuis, le flambeau de l’espoir a été repris par le rassemblement Europe Écologie de Daniel Cohn-Bendit avec Les Verts. En 2009, le rassemblement évite l’écueil du conformisme programmatique de la 3e voie en proposant un nouveau système socio-économique dicté par l’urgence écologique.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, une démarche politique vraiment inhabituelle sous la Ve République déconcerte les Français. Ils y voient la mainmise de l’Élysée sur l’ensemble des media publics et privés et l’entente renforcée entre des propriétaires des grandes entreprises et le gouvernement, pour laquelle, sans être ni juge ni policier, on imagine qu’elle n’est pas dictée par l’intérêt général. Ils voient l’utilisation de la communication marketing pour tenter de cacher tout autant l’absence de projet pour la France que la systématisation des cadeaux aux amis, ils voient une pratique du pouvoir organisée autour d’une Cour, qui muselle le Parlement comme les ministères, et le style « bling-bling » aux relents d’affairisme. Tout cela montre combien la droite qui nous gouverne aujourd’hui est d’une autre nature que celle qui ronronnait pendant les alternances des années 80’.

La gauche aussi a changé. L’arrivée d’Europe Écologie, qui a fait jeu égal avec le PS en 2009, redistribue les cartes. Dans sa tribune « Le carré magique du rassemblement à gauche », Claude Bartolone, proche de Martine Aubry, appelle à un accord de gouvernement avec EÉ avant le premier tour de la présidentielle. Sans doute les échecs successifs depuis 1997 ont-ils amorcé une démarche plus constructive et fédératrice que celle de la gauche plurielle en son temps.

Un combat singulier s’annonce donc entre ces deux camps. On peut, par commodité, les appeler toujours « droite / gauche». Quant à la 3e voie centriste, il lui reste peu d’espace. L’apogée du centre-droit dans les années 70’ était survenue après trente années de croissance et de redistribution sociale à l’occasion de mai 68. En 2010, notre société française écartelée, manipulée, désorientée, endettée, apeurée est en proie aux replis identitaires et à la radicalisation. L’omniprésence de l’hôte de l’Elysée nous oblige à choisir un camp : pour le renforcement du système actuel et de ses privilèges ou pour un changement profond du système de création et de répartition de la richesse.

Les écueils sont immenses pour l’opposition. La suspicion, d’abord, comme toujours, entre la gauche de la gauche, suspectée de la jouer en solitaire, quitte à handicaper la prise du pouvoir, et les moins à gauche, suspectés d’être « vendus » au capitalisme. Lorsque Jean-Luc Mélenchon appelle de ses vœux une « nuit du 4 août » en même temps que Dominique de Villepin, désormais l’emblème de la droite traditionnelle, lance le combat contre les « Bastilles de l’argent et du pouvoir », ne serait-il pas mieux de concentrer son énergie à organiser l’alternance plutôt que de l’utiliser à étalonner le degré de pureté entre gens de gauche ? Les querelles internes, ensuite, que le PS a pratiquées à satiété et qu’il semble craindre désormais, mais qui se produisent malheureusement au sein d’Europe Écologie. En face, le camp sarkozyste est, sans état d’âme, rassemblé derrière le candidat potentiel à sa propre succession.

Face à l’écueil de la suspicion et de la division, le projet de l’écologie politique peut jouer un rôle pivot. Pour changer le système actuel de création et de répartition de la richesse, pour placer l’être humain, et non le cours de bourse, comme finalité de l’activité économique, ni la force des valeurs, ni la sincérité des convictions, ni l’épouvantail de la faillite grecque, ni même un élan populaire majoritaire ne devraient être suffisants. Pour que les quelques détenteurs du pouvoir économique et politique le cèdent au changement, une contrainte réelle doit s’imposer à eux. Les limites des ressources naturelles et les impacts environnementaux, qui montrent la voie sans issue qu’est la spéculation financière déconnectée de l’économie réelle, sont, sans doute, les seules contraintes qui puissent s’avérer efficaces pour amorcer un changement de système économique, en France, comme ailleurs.

Voilà pourquoi, après des années d’activité politique comme candidate et élue sous les couleurs des partis successifs de François Bayrou, je démissionne de mes fonctions de vice-présidente du Modem Paris et rejoins le combat politique d’Europe Écologie.

Cet article est publié sur liberation.fr

16 comments to Du centre à l'écologie, pour l'alternance en 2012

  • peduzzi

    Bonsoir chère Christelle,
    Ta démarche est logique elle s’incrit dans l’analyse de l’echec de Bayrou, je constate que tu me rejoints sur la principale raison qui est une strategie brouillone qui explose sur la necessité d’une alliance au deuxième tour.
    Si tu relis mes commentaires je disais dès 2007 que le deuxième tour des municipales serait fondamental, nos dirigeants particulièrement sourds ont fait semblant de ne rien voir. votre echec à Paris en est le reflet le plus flagrant!
    Sur ce point, EE a déjà choisi et a des conseillers de Paris et des conseillers régionaux alors que le Modem….
    Je te souhaite tout le succès que tu mérites dans ton nouveau choix, à l’heure où tu quitte la route que trace shematiquement notre Bayrou je sais que tu agiras pour le bien commun et que tu reussiras ton pari n’en déplaise aux grincheux…..
    Good luck!
    Je t’embrasse

    Alain

  • peduzzi

    Bonsoir chère Christelle,
    Ta démarche est logique elle s’incrit dans l’analyse de l’echec de Bayrou, je constate que tu me rejoints sur la principale raison qui est une strategie brouillone qui explose sur la necessité d’une alliance au deuxième tour.
    Si tu relis mes commentaires je disais dès 2007 que le deuxième tour des municipales serait fondamental, nos dirigeants particulièrement sourds ont fait semblant de ne rien voir. votre echec à Paris en est le reflet le plus flagrant!
    Sur ce point, EE a déjà choisi et a des conseillers de Paris et des conseillers régionaux alors que le Modem….
    Je te souhaite tout le succès que tu mérites dans ton nouveau choix, à l’heure où tu quitte la route que trace shematiquement notre Bayrou je sais que tu agiras pour le bien commun et que tu reussiras ton pari n’en déplaise aux grincheux…..
    Good luck!
    Je t’embrasse

    Alain

  • Guillaume A

    Bonjour Christelle,

    Nous avons adhéré au même moment au parti qu’avait fondé BAYROU et c’est avec regret que je te vois partir.

    Reprendre toute l’analyse que tu effectue serait long, j’en partage certains poins et pas d’autres.

    Je pense que le MoDem aurait du choisir plus clairement son camp mais la gauche, et EE avec elle a choisi le sien et ce n’est pas celui dans lequel je me reconnais.

    L’alliance PS EE FG qui se dessine ne jete pas les bases d’un projet de société social démocrate mais de gauche radicale.

    Ta démarche est, à mon avis, plus symptomatique d’une déception sur le fonctionnemment du parti que sur ses valeurs.

    Je te souhaite du succès dans ta nouvelle formation.

    Je t’embrasse,

    Guillaume

  • Dominique

    Analyse très lucide, bonne continuation
    twitter.com/dominiquerobe…

  • Laurent Guignon

    Bravo Christelle pour ton courage, et bienvenue à Europe Ecologie. A très bientôt. Laurent Guignon. Vert 2e arrdt.

  • Betschar

    Comme vous je suis déçu par le Modem (A paris 18 dans votre circonscription) et pas seulement pas F. Bayrou, on retrouve comme dans tous les petits partis politique une lutte de personnes pour les place sur les listes, la bataille des égos, des clans.
    Je crains pour vous que dans un parti politique largement truster par les vert ces types de comportements minent le débat c’est un choix que je ne ferais pas, je crosi que je vais faire le choix du politique hors des structure électives.

  • pierre s

    Europe Écologie est une auberge espagnole fort sympathique, mais pas très réaliste.
    Politiquement, les magouilles de DCB avec le PS me révulsent.
    Bon courage.

  • pierre s

    Europe Écologie est une auberge espagnole fort sympathique, mais pas très réaliste.
    Politiquement, les magouilles de DCB avec le PS me révulsent.
    Bon courage.
    exigencedemocratique.blog…

  • Phil

    Christelle bonjour,
    Comme toi, même si plus tardivement, j’ai soutenu François Bayrou, un Homme Politique qui donnait à espérer un autre destin et une autre manière de croire en notre pays… Je me suis investi en tant que militant aux législatives, aux municipales… à Paris. Quelles déceptions que de constater le noyautage, les égoïsmes, l’absence de tout esprit démocratique, etc. Quelle rage ressentie de se sentir ainsi bafoué, trahi au plus profond de soi-même… par celles et ceux qui offraient tant d’espérance politique, à un moment si important de notre Histoire…
    Lassé de ce désastre, j’ai déjà voté EE et espère conserver en moi l’espoir que cette formation puisse réellement, avec responsabilité, avec force et courage entamer une voie faite de totale démocratie, de réel humanisme, de sincère bonne gestion, de véritable sens éthique, de courageuse équité… alors que l’Argent gère impitoyablement notre quotidien et oblitère notre futur, celui de nos enfants…
    Partageant tes convictions et attentes, je suivrai avec attention ton cheminement…
    Bien cordialement,
    Phil, ex-MoDem, mais toujours, résolument, indéfectiblement… Démocrate et Humaniste !

  • Pierre

    chère christelle,
    Ton choix ne m’étonne pas. Depuis des années tu as montré ton indépendance d’esprit et de ton sur le XVIIème.La situation sociale actuelle n’est plus tenable.Il faudra trancher! tu l’as fait! Tu pourras compter comme dab sur certains électrons libres comme moi.
    Amitiés Pierre

  • Jean-Marc Ben

    Chère Christelle,

    Je fais le même choix que toi. Militant écologiste depuis toujours, je suis rentré au MoDem grâce à Corinne Lepage et Cap21. Je n’ai rien à reprocher à la section locale de Calais. Après un an je m’aperçois que la dynamique n’est pas de ce côté et que l’écologie ne vient qu’après tout le reste dans ce parti. Ce n’est pas ma façon de voir. Je ne veux pas non plus dépenser mon énergie pour un parti qui n’est qu’une écurie présidentielle (bien que je pense que François Bayrou garde ses chances de présidentiable). Mais résumer un parti à ça, c’est pas l’idée que je me fais d’un vrai parti. J’ai cru un moment à la reconstruction du MoDem. Je ne claque pas la porte, il y aura un moment où la plupart d’entre nous se retrouveront. Mais le rassemblement se fera autour d’Europe Ecologie, c’est là qu’est la dynamique.

    Jean-Marc Ben
    Calais

    jmben62@free.fr

  • DJ

    Chère Christelle
    Je te trouve à contretemps… Ce n’est pas après que le succès soit avéré qu’il faut le rejoindre, mais avant. Le vote écolo avait du sens pour fabriquer de la norme à Bruxelles et à Strasbourg. Le vote écolo avait encore du sens pour rééquilibrer une gauche qui a fait des régions une sorte de "bouclier social" face au sarkozysme. Mais quel(le) obscur(e) candidat(e) vas-tu soutenir au premier tour. Et au deuxième tour ? Crois-tu que la France puisse s’illusionner en se perdant avec un(e) président(e) dit de gauche dans une surenchère sociale sans plus aucun grain à moudre… Non, les présidentielles, c’est l’heure de ton candidat, François Bayrou, qui n’a pas du te confier les responsabilités que tu souhaitais, pour que tu lui en veuilles tant (c’est bizarre d’ailleurs comment tous ces messages de ceux qui partent se ressemblent).
    Par contre, je suis d’accord avec toi, il y avait à faire pour l’écologie dans le MoDem. Mais là, c’est cette enfumeuse de Corinne Lepage qui a limité l’investissement du mouvement dans l’écologie.
    Ce qui est drôle, c’est que c’est maintenant qu’on construit vraiment le MoDem que tu pars, alors que c’est quand les difficultés des guerres de clan qui vont miner la coopérative écologiste novatrice et confuse que tu arrives. Mais tu vas être accueillie comme une grande bourgeoise de droite : je t’assure, tu étais encore désirable au MoDem… Chez les Verts, au sein desquels j’ai beaucoup milité, et avec lesquels je continue de militer au quotidien dans plusieurs associations, tu ne seras qu’une poupée qu’on mettra sur une étagère.
    Bon courage.
    Mais n’oublie surtout pas !

  • FrédéricLN

    Bonjour Christelle,

    Vacances aidant, je remarque tardivement, à l’occasion du départ de Virginie Votier et compagnie, ta lettre et, donc, ton départ pour EE.

    Félicitations pour ce texte, qui me semble bien plus intéressant et solide que … d’autres lettres de démission.

    Oui, le centre démocrate a un problème structurel : les électeurs français ne repèrent pas la proposition politique "démocrate". Elle est sous les radars. Ils sont souvent d’accord avec chacune de nos propositions, mais n’en voient pas la logique d’ensemble ("pas de projet", répètent-ils – même Virginie Votier, ce qui est un comble !). C’est sidérant que le parti qui constitue le plus facilement les programmes politiques les plus solides et crédibles, et les mieux notés par les personnes qui connaissent les sujets ; que le chef de parti qui ait le plus publié de sa propre main, et en particulier, de livres programmatiques, qui ait le projet le plus précis et le plus constant depuis des décennies sur le plus grand nombre de sujets ; soient ainsi, et depuis des décennies, considérés comme "sans projet".

    Et alors, effectivement, les militants et les élus eux-mêmes se raccrochent à l’un des deux camps qui détiennent le pouvoir.

    Et oui, les écologistes ont l’avantage structurel inverse : l’écologie est bien identifiée par les Français comme un projet politique cohérent et distinctif. Même si les leaders écologistes sont fort peu nombreux à être d’origine … écologiste, à avoir milité pour la planète ; même si beaucoup s’en défendent même en répétant que "l’écologie, ce n’est pas que les petits oiseaux, c’est une vision globale de la société etc." qui bien souvent retombe dans la soupe de gauche habituelle ; même si, tant qu’il accepte sa dépendance de la gauche en général et du PS en particulier (comme il le fait dans tous les cas de figure, Daniel Cohn-Bendit ou Jean-Vincent Placé), le mouvement écologiste n’a guère de chance, amha, de faire avancer en quoi que ce soit l’écologie.

    J’espérais moi aussi que le Mouvement démocrate, avec son double objet statutaire "démocratie de responsabilité pour le développement durable", saurait allier le meilleur de ces deux courants politiques. Ça n’a pas marché, les raisons sont certainement multiples … Quand je vois que les responsables du MoDem Paris qui sont partis (à EE, au club DSK ou hors politique partisane) représentaient manifestement, aux élections internes, une large majorité des adhérents de la capitale,… que ces responsables auraient donc pu animer et développer ensemble le Mouvement – au lieu de le quitter en ordre dispersé – je ne sais pas quoi en conclure, sinon que quelque chose a foiré.

    On peut espérer qu’Europe Ecologie, avec Eva Joly comme figure de proue, se préoccupe à la fois d’écologie et de démocratie, et arrive à susciter un mouvement profond de l’opinion, et des différents pouvoirs dans ce pays à tous les niveaux, en faveur de nos idées. Ayant brièvement fréquenté les Verts, j’ai été vacciné pour longtemps, mais d’autres auront peut-être une autre expérience. Bonne chance !

    Tout ceci étant dit, l’analyse faite dans ce billet me semble excellente pour 2009 et quasi hors de propos à 20 mois des présidentielles. Rejoindre un parti qui ne veut même pas que son candidat (ou sa candidate) soit élu à la prochaine élection nationale – une élection qui s’annonce décisive pour le sauvetage du pays – eh bien, c’est amha une démarche étrange.

    demsf.free.fr

  • Franck.b

    Chère madame, sachez que j"adhère parfaitement à votre analyse. Il est vrai que la situation à l’échelle mondiale amène à un état de radicalisation des problèmes essentiels à résoudre pour le devenir de l’humanité. Et que je sache, on ne part au cimetière avec "le coffre-fort qui vous suivrait derrière…" D’autant plus que le: "Gagner plus, pour travailler plus…" ne convient visiblement qu’à une poignée d"Heureux élus…"; et je "baise" mes mots…. Pourtant, j’aimerais bien avoir un 4×4 HUMMER tout options, en guise d’anniversaire prochain pour "faire chier les rhizomes", comme disait un certain Pierre.D.. Reste à mettre sur la table prolifique, il va s’en dire, de la cuisine écolo , suffisamment d’ingrédients susceptibles de pouvoir engendrer un liant nécessaire à composer une sauce cocktail (plutôt rose prononcée…), afin de satisfaire le palais délicat de l’électorat mis en appétit, quoique un peu dégouté… Heureusement, il y à EL PIMENTO STRAUSS KHAN(Si toute fois ce dernier est intéressé par cette auguste table; les convives attendent….) Personnellement je suis convaincu depuis longtemps que l’écologie politique est une nécessité depuis notamment le bouquin de René Dumont qui interpelle:"L’Utopie ou la mort"; c’est une évidence pour moi aujourd’hui, comme pour vous semble-t-il et sans tomber dans la caricature "ECOLOS-BOBOS". J’ai décidément apprécié votre Blog. Merci.

  • PESTOVGerman22

    купить <a href="http://www.bud.temis.com.ua&quot... деревянного дома</a>, недорого

  • democrate

    mme quel chois regrettable vous quittez le navire comme mr morin qui politiquement n existe plu pour rejoindre l ecologie…..quelle blague

    pourtant vous semblier sincere sous les couleurs udf legilative…..
    un ancien militant qui a eu froid un dimanche matin aux batignolles

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>