Écologie et/ou capitalisme ?

Écologie et capitalisme sont-ils opposés ou compatibles ? C’est la question à laquelle j’ai tenté de répondre lors d’une Conférence d’ouverture donnée aux élèves du Master II d’Ingénierie financière de Paris XII le 10 janvier dernier.


Pendant trois heures, nous avons passé en revue les définitions et les hypothèses qui caractérisent le système économique en vigueur, l’économie de marché capitaliste, libérale, néoclassique, monétariste et mondialisée. Pour ensuite démontrer que chacune des affirmations et hypothèses sur lesquelles est fondé le système actuel ne se vérifient pas à la lumière des faits. Les marchés seraient donc inefficients et le développement, limité.

Une nouvelle macro-économie doit voir le jour fondée sur une prospérité sans croissance, l’introduction juridique des biens communs aux côtés des biens privés et des biens publics et, surtout, un renforcement spectaculaire de la démocratie. La montée en puissance des marchés financiers a accompagné une baisse significative de la qualité démocratique.

Avec leur professeur, qui est aussi le directeur du Master, nous avons prévenu les élèves qu’il s’agissait d’une première et que leurs retours seraient très appréciés pour améliorer les conférences suivantes. Comment allaient-ils réagir ?

Ce qui m’a frappée en premier, c’est le degré de découverte de la part des étudiants. Leur niveau d’information sur la crise écologique, la crise climatique, les nombreuses interactions entre crise financière, crise économique et mise en danger de notre habitat terrestre était finalement assez faible… « Pourquoi ne nous a-t-on pas enseigné cela auparavant ? » C’était un cri du coeur que je n’oublie pas.

Je pensais au début que j’allais devoir batailler à chaque argument avec des spécialistes de la défense du libéralisme financier. Du fait de leur jeunesse, sans doute, ils ne se sont pas sentis solidaires d’une chaîne de pouvoir hiérarchique qui permet de gagner des sommes déconnectées de toute valeur ajoutée réelle. Ils pouvaient donc, en toute liberté, écouter, confronter, demander, comprendre.

« De toutes manières, qu’est-ce que l’on peut faire ? Rien ne changera… » Le sentiment d’écrasement face à la tout-puissance d’un système économico-politique s’est dégagé de plusieurs élèves. Le système actuel est fondé sur une dérèglementation qui a atteint son paroxysme en 2007 avec l’application de la directive européenne MIF qui met en concurrence les places boursières entre elles. Il concerne tous les domaines économiques, du crédit immobilier au négoce de la viande dite « bovine », partout dans le monde.

A la séance suivante, les élèves ont été invité-es à donner leur évaluation au directeur du Master. Ils ont demandé à ce que ce cours soit intégré dans le corps d’enseignement à la rentrée 2013.

Très touchée par cette confiance, je remercie les élèves pour leur accueil et leur intérêt et, tout particulièrement, le directeur du Master Pierre Astolfi, de m’avoir offert cette chance.

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>