À propos

Interview parue dans le webzine ecologiedemocrate.fr

Chargée de communication événementielle d’une grande entreprise française, ancienne élue et plusieurs fois candidate aux législatives dans le 17e arr. de Paris, où elle a réalisé 12% en 2007, Christelle de Crémiers est à la fois une femme d’action et de réflexion. Ainsi, elle a créé des associations locales pour la promotion du lien social, un think tank dédié à la bataille pour la démocratie “Valeurs Démocrates” et, aujourd’hui, le webzine Écologie Démocrate.

Après 14 ans de militantisme dans les partis successifs de François Bayrou, elle a rejoint le combat d’Europe Écologie pour le renouveau écologique et social.

Vous militez depuis 14 ans, quel est votre fil rouge ?

Ce qui me fait bouger c’est l’injustice et le gâchis des talents que génère notre société bloquée.

Si le PIB a presque toujours augmenté dans notre pays, c’est, depuis le milieu des années 1980, sans corrélation avec l’indicateur de progrès véritablequi, lui, régresse comme le montrent les inégalités croissantes entre les plus riches et les plus pauvres. Dans une société à l’économie et aux flux migratoires mondialisés, nous devons trouver les moyens d’assurer la cohésion entre les citoyens. L’affaiblissement des frontières a permis la naissance d’une prise de conscience planétaire : certes le monde est à notre portée mais nous en sommes tous responsables, quel que soit notre origine. Veiller à l’optimisation de l’allocation des ressources naturelles, que nous savons finies, c’est également contribuer à plus de justice sociale.

Comment changer le système actuel ?

Je pense que la transition se fera par le politique ou ne se fera pas. Je ne crois ni à la vertu des marchés, ni à une mobilisation réussie des gens. Les hommes et les femmes politiques doivent prendre leurs responsabilités et cesser d’être les mandataires du pouvoir économique.

Il faut une nouvelle équipe au pouvoir en 2012 qui mette fin au système de copinage qui régit la vie des affaires en France et affaiblit globalement le pays. En liaison cohérente avec l’Union Européenne, la nouvelle équipe doit avant tout remettre en marche l’ascenseur social tout au long de la vie. Et lancer l’assainissement de la vie économique par la régulation du système bancaire. De même, notre démocratie a grand besoin de réaffirmer la séparation des pouvoirs législatif, judiciaire et médiatique de l’exécutif politique qui, aujourd’hui, a pris un place exagérée. L’écologie politique est un moyen pour créer ce renouveau démocrate.

De quelle manière vous y engagez vous ?

A travers le webzine Écologie démocrate, dont je suis fondatrice et rédactrice de publication. C’est un magazine d’actualité indépendant des partis dont la vingtaine de rédacteurs sont pour moitié non encartés ou, pour l’autre moitié, dans six partis différents. L’idée est d’exprimer un éclairage éco-démocrate de l’actualité. Ce n’est pas d’expliquer ce qu’il faudrait faire, ce qui est l’apanage du politique, mais d’offrir un autre angle de vue, sur les enjeux de la solidarité comme les retraites ou sur la question de l’énergie, pour montrer que démocratie et écologie sont étroitement liées.

Mon engagement est aussi politique, notamment dans la lutte contre l’abstention que j’analyse avant tout comme le résultat de l’échec de la classe politique. J’interviens sur ce thème dans le cadre d’une table ronde organisée par la Fondation Copernic aux États généraux du renouveau. Les États Généraux, sous le parrainage du Nouvel Observateur et de Libération, réunissent média, associations, société civile et élus pour réfléchir à un nouveau système économique, respectueux à la fois de la liberté des individus et de l’intérêt général.